Publication du rapport annuel des services de renseignement italiens

Sistema di informazione per la sicurezza della Repubblica | Février 2012

Les services de renseignement italiens viennent de publier leur rapport pour l’année 2011. Selon ce rapport, la crise facilite l’infiltration du tissus économique par le crime organisé, notamment dans le centre et le nord du pays. En plus des secteurs traditionnels (construction, immobilier, grande distribution, gestion des déchets), les mafias s’intéressent à de nouveaux secteurs : l’énergie, l’environnement, les jeux en ligne.
Pour Cosa Nostra, les espions italiens constatent l’échec, pour l’instant, de la tentative de réorganisation de la structure de coordination interprovinciale (la « Coupole »). Cet échec profite aux clans qui se développent de manière autonome et laisse de plus en plus de place aux jeunes capimandamento (chefs de circonscription mafieuse), ambitieux et violents.
La ‘Ndrangheta doit faire face à des repentis (y compris des femmes), ce qui est un phénomène nouveau pour les clans calabrais.
Les analystes notent un équilibre précaire entre les clans de la Camorra, avec des risques constants de guerre interne. Le clan des Casalesi, le plus important de la Camorra, a été déstabilisé suite à l’arrestation de son chef, Michele Zagaria. Cette arrestation a entraîné une crise de leadership, accentué par la difficulté à assurer le soutien aux détenus et à leur famille. Or ce soutien financier est essentiel pour éviter les repentis. La faiblesse, relative, des Casalesi aiguise également l’appétit des clans voisins.
Le crime organisé des Pouilles est de plus en plus fragmenté et assure désormais le support logistique pour d’autres organisations mafieuses.
En matière d’organisations criminelles étrangères, les groupes chinois, déjà actifs dans les jeux, le racket et le proxénétisme, se réorientent de plus en plus dans le secteur des stupéfiants. Ils sont également en contact avec les mafias italiennes dans les domaines du trafic de déchets, de la contrefaçon et de la contrebande.
Les clans nigérians se montrent aussi offensifs pour gagner des « parts de marché » dans les stupéfiants. Les services italiens notent également la diffusion des « bandes cultistes » nigérianes au sein de la diaspora en Italie, bloquant ainsi l’intégration des immigrés.
Les bandes sud-américaines sont implantées en Ligurie, en Lombardie et en Ombrie et sont considérés comme des têtes de pont pour d’autres organisations sud-américaines plus importantes et dangereuses.

Voir le rapport ici (en italien).

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