Rapport Antimafia du 1er semestre 2016
DIA | 27.01.17
La Direction des Enquêtes Antimafia (DIA) italienne vient de publier son rapport semestriel pour le début de 2016. Quelques enseignements :
– pour Cosa Nostra : il y a une recherche de nouveau leadership pour succéder aux Corléonais, qui semble en déclin. Les clans d’Agrigente et de Trapani se posent en forces régionales, notamment ceux de Trapani qui poussent leur influence jusqu’à Palerme. Les clans siciliens gardent une attache très forte à leur territoire, tout en ayant une stratégie d’immersion pour plus de discrétion. La mafia sicilienne a su investir dans plusieurs secteurs économiques : gestion des déchets, assistance aux personnes, ressources énergétiques, coopératives, infrastructures,… avec une infiltration dans le système bureaucratique et administratif ;
– pour la ‘Ndrangheta : tournée vers l’international, la mafia calabraise bénéficie notamment de bons rapports avec les cartels sud-américains. Elle a une double facette : une moderne, mondialisée, fluide et une autre archaïque, basée sur des règles immuables. La ‘Ndrangheta connaît un développement de type entrepreneurial dans les secteurs du transport, de la logistique, de la construction, de l’agroalimentaire, de la santé, du tourisme, de l’énergie, des jeux en ligne,…
– pour la Camorra : c’est une organisation criminelle composée en grande partie d’une génération de jeunes qui baignent dans les activités illégales depuis des années. Les frictions entre clans camorristes sont en général liées à des compétitions pour le contrôle des territoires de deal. A noter la forte influence du puissant clan Mallardo pour garantir l’équilibre des clans de Naples. Il y a un risque important d’infiltration du monde légal par les Casalesi, la fédération des clans de Caserte.
– pour les organisations mafieuses des Pouilles : elles sont très ancrées dans les activités criminelles traditionnelles (stupéfiants, armes, extorsion, vol,…), avec une forte présence en Allemagne et en Espagne. L’incarcération des grands chefs historiques permet l’émergence de jeunes boss mais dont l’attachement aux règles mafieuses n’est pas maximal (on constate notamment une baisse des rites d’affiliation).
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