Italie : publication du rapport de la Direction Antimafia pour le second semestre 2019

DIA | Juillet 2020

La Direction des Enquêtes Antimafia (DIA) vient de publier son rapport (888 pages) sur le second semestre de 2019. Le rapport débute par une réflexion sur la crise du Covid-19 : selon les experts antimafia, cette crise a révélé la nécessité d’avoir une stratégie de prévention contre l’infiltration « adaptative ». Il faut un suivi en profondeur des dossiers, tout en favorisant la rapidité d’exécution des travaux, selon le modèle opérationnel appliqué au Pont Morandi (le pont de Gênes qui s’est écroulé). La crise économique liée à la crise sanitaire impose une surveillance accrue dans les domaine de la santé : production des dispositifs sanitaires (masques, gels, respirateurs,…), de la distribution de ces produits (contrôle de pharmacies) ou dans le traitement des « déchets spéciaux ». Les analystes craignent également une infiltration dans les services funéraires, le tourisme, la restauration, les services à la personne, le domaine sportif , l’habillement, les vents et locations de véhicule, la filière agroalimentaire, les jeux et paris sportifs.
Quelques lignes forces du rapport :
– Pour la ‘Ndrangheta : elle est plus que vivante dans sa vocation entrepreneuriale, notamment dans le domaine des stupéfiants où elle gagne en force et en prestige au niveau international. Cela entraîne une diffusion encore plus forte de l’organisation en dehors de son territoire d’origine comme le montre la découverte d’une locale (circonscription administrative mafieuse rassemblant au moins 49 membres présents sur un même territoire) dans le Val d’Aoste.
– Pour Cosa Nostra : on note un renforcemebt des relations entre membres de certaines Familles, y compris avec la mafia italo-américaine. Cette dynamique entraîne un besoin urgent d’une nouvelle structure et de résoudre la question du leadership.
– Pour la Camorra : sa dynamique criminelle est qualifiée de « fluide et complexe ». POur les petits clans, la violence est un instrument nécessaire d’affirmation criminelle, mais les grands clans historiques évitent les « actions bruyantes » pour se concentrer sur le contrôle des marchés légaux via des contacts dans le monde des affaires, de l’administration et de la politique.
– Pour la criminalité organisée des Pouilles : la tendance est à la non-homogénéïté des clans, qui ont une forte spécialisation dans le domaine des stupéfiants, en liens étroits avec le crime organisé albanais.

Voir le rapport ici

Désolé, cette page est seulement accessible aux abonnés de crimorg.com!