Canada : rapport 2020 du Service Canadien de Renseignements Criminels

Service Canadien de Renseignements Criminels | Février 2020

Le Service Canadien de Renseignements Criminels (SCRC) vient de publier son rapport 2020 sur le crime organisé au Canada. Il y aurait 2.000 groupes criminels identifiés au Canada en 2020 (essentiellement en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique).
Quelques enseignements :
– Sur le cannabis : malgré la légalisation intervenue en 2018, les groupes criminels sont toujours présents sur ce marché, infiltrant même le marché légal. Ces organisations ont eu recours au programme de marijuana à des fins médicales de Santé Canada et ont ainsi exploité des cultures approuvées par le gouvernement, dépassé les limites de nombre de plants et détourné cette production vers le marché illicite. Le crime organisé est aussi impliqué dans l’industrie légale par le truchement de propriétaires, d’employés ou de membres du conseil d’administration d’entreprises légitimes, ou de sociétés d’investissement.
– Sur le fentanyl : cet opioïde de synthèse serait responsable de plus de 4.000 surdoses mortelles au Canada e n 2019 ( et sans doute une augmentation de plus de 50% en 2020).
– Sur la cocaïne : les conséquences de la crise du Covid (restrictions aux frontières, baisse des vols internationaux,…) ont provoqué une augmentation du prix du kilo de la cocaïne. Les groupes criminels semblent se tourner vers l’importation par voie terrestre. Considéré comme un « pays sûr », le Canada pourrait être utilisé comme zone de transit pour la cocaïne destinée à l’Europe et en Australie.
– Sur la méthamphétamine : plusieurs groupes criminels, face à la difficulté d’approvisionnement en cocaïne, se sont tournés vers la méthamphétamine, dont le prix a augmenté dans les rues canadiennes, malgré l’absence de pénurie.
– Infiltration dans l’économie : les entreprises du secteur privé les plus infiltrées par le crime organisé se retrouvent dans l’hébergement et les services alimentaires, le commerce de détail, les transports, le stockage et la construction. La crise sanitaire pourrait être une opportunité d’infiltration pour le crime organisé.
– Gangs de motards : les Hells Angels auraient grossi de 14% depuis 2016 sur la scène nationale et internationale. Il y aurait 150 clubs de motards criminalités au Canada en 2020.
– Mafia italo-canadienne : elle pourrait profiter de la crise économique liée à la crise sanitaire via des prêts usuraires et des extorsions.
– Gangs de rue : 97% de ces gangs sont impliqués dans des activités violentes.

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