Publication du rapport 2021 des services anti-drogue italiens

Ministère de l'Intérieur italien | Juin 2021

La Direction Centrale des Services Antidrogue (DCSA) du Ministère de l’Intérieur italien vient de publier son rapport 2021 (pour l’année 2020). En matière de saisies (forcément impactées par la crise sanitaire) :
– cocaïne : 13.432,77 kilos (+62% par rapport à 2019) ;
– héroïne : 512,39 kilos (-17%) ;
– résine de cannabis : 9.747,42 kilos (-54%) ;
– herbe de cannabis : 19.868,69 kilos (-16%) ;
– plants de cannabis : 414.396 (+85%) ;
– drogues de synthèse : 17.687 doses (-69%) ; 14.293,88 kilos (+13.896%) ;
– Total : 58.827,66 kilos (+7,4%) et 38.276 doses (-40%).
Il y a eu 31.335 arrestations (-11%) et 308 overdoses mortelles (-17,6%).

Le rôle des organisations criminelles :
– ‘Ndrangheta : elle a un rôle dominant dans la gestion du trafic transnational de la cocaïne vers l’Europe, notamment grâce à des accords avec les autres organisations mafieuses du sud de l’Italie, mais également d’autres organisations criminelles étrangères. La ‘Ndrangheta est notamment implantée en Allemagne, Pays-Bas et Belgique pour gérer l’arrivée, le stockage et la distribution de la cocaïne. La coopération avec le BKA allemand a permis d’identifier de 18 à 20 structures mafieuses calabraises installées en Allemagne (notamment à Duisburg, Erfurt, München, Leipzig, Neukirchen-Vluyn, Deizisau, Bous et Bochum), soit entre 800 et 1.000 affiliés. En Allemagne, la ‘Ndrangheta collabore avec le « Cartel des Balkans », également bien implanté dans le pays ;
– Cosa Nostra : l’organisation montre des signes de vitalité renouvelée, grâce à des nouvelles recrues, un renouvellement des dirigeants et une capacité générale de régénération. Cosa Nostra reste une organisation verticale et structurée, notamment dans l’ouest et le centre de la Sicile : dans la partie est émergent des groupes criminels à géométrie variable, résistant à l’influence mafieuse. Le narcotrafic se fait en alliance avec la ‘Ndrangheta et la Camorra ;
– Camorra : l’absence de structure verticale favorise un niveau élevé de conflits entre clans, même si les plus importants parviennent à s’implanter à l’étranger, notamment dans les pays de l’Est de l’Europe ;
– organisations mafieuses des Pouilles : ces organisations sont un mélange de groupes criminels importants souhaitant imiter les mafias et des structures locales plus établies. Les clans principaux sont dotés d’une solidité structurelle importante, bénéficiant également d’une adaptabilité et d’une flexibilité certaines. Il n’y a cependant pas de système de coordination unique et centralisé : les organisations des Pouilles oscillent donc entre collaboration et conflictualité, perpétuant un climat de peur et de soumission au sein de la populations.
Les groupes criminels étrangers, constitués sur base ethnique, ont consolidé leur présence dans les grands centres urbains du centre-nord du pays, en totale indépendance et autonomie, et dans les zones rurales du sud, en subordination aux mafias. Ces groupes sont passés d’activités marginales à d’autres plus complexes (comme le trafic de drogues), nécessitant une alliance avec les organisations mafieuses locales. Parmi ces groupes étrangers actifs en Italie :
– les nigérians : bien que fortement touchés par l’action répressive, ils restent la composante criminelle étrangère la plus structurée, la plus ramifiée et la plus répandue ;
– les albanais : organisés en bandes sur une base familiale ces organisations rappellent certaines expressions mafieuses nationales, telles que la ‘Ndrangheta et la Cosa Nostra ;
– les organisations criminelles des Balkans : les équipes serbo-monténégrines ont joué un rôle particulièrement important dans la gestion du trafic de drogue. Elles sont dotées de ressources financières considérables, d’une organisation et d’une structure paramilitaire, ainsi que d’une bonne relation avec les fournisseurs sud-américains ;
– les groupes bulgares : très liés aux groupes mafieux italiens,ils ont accès à des circuits d’approvisionnement et n’hésitent pas à investir dans l’achat de bateaux transocéaniques ;
– les sud-américains : ils ont connu ces dernières années des conflits pour le contrôle de centre de trafic dans les zones urbaines italiennes, sans compter les opérations policières ;
– les chinois : une présence significative dans les secteurs de la logistique, du transport et de la distribution de stupéfiants, mais essentiellement au sein de leurs communauté.

Voir le rapport ici

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