Rapport néerlandais sur les gangs de motards pour 2020

RIEC-LIEC - Pays-Bas | Juin 2021

Les autorités néerlandaises viennent de publier son rapport annuel sur leur approche intégrée de lutte contre les gangs de motards. Selon ce rapport, le nombre de membres de gangs de motards est en légère baisse par rapport à 2019, mais ce chiffre est à nuancer : le nombre réel de membres serait supérieur, après les interdictions de certains clubs. En 2020, la Cour Suprême néerlandaise a confirmé les interdictions des Bandidos et des Satudatah, les rendant définitives ; alors que la Cour d’Appel a confirmé celles des No Surrender et des Hells Angels, qui ont fait un recours devant la Cour Suprême. Le Ministère Public reconnaît qu’il s’agit de procédures longues, parfois jusqu’à 3 ans avant une interdiction définitive. Les magistrats ont reconnu que ces groupes étaient contraires à l’ordre public et perturbaient la société. Du fait de ces interdictions, mais aussi des mesures anti-Covid (fermeture des bars et des restaurants), la visibilité de ces gangs dans l’espace public est moindre : 7 clubhouses ont été fermés par des municipalités et 7 implantations ont également été interdites. Des interdictions administratives d’activités ont également été promulguées par des communes, dont 80 ont institué des interdictions générales d’activité de gangs de motards. Cela n’empêche pas quelques opérations de « relations publiques », comme cette distribution de peluches dans un hôpital pour enfants.
Il y aurait donc aux Pays-Bas environ 1.850 membres de ces gangs (1.940 en 2016 ; 1.980 e 2017 ; 2.130 en 2018 ; 1.950 en 2019) : 650 Satudarah (35% du total), 325 No Surrender (18%), 320 Hells Angels (17%), Red Devils (6%), Caloh Wagoh (5%), Trailer Trash (5%), Hardliners (5% : en progression rapide avec environ 90 membres), autres (10%, dont les « Black Sheep », 80 membres). Mais ne sont pas pris en compte les groupes dit « de continuation », visant à se substituer aux gangs interdits, comme le Darahbaru MC (issu des Satudarah). Ce qui donne au final un chiffre stable entre 2019 et 2020. Il existe également un « chiffre noir » important des bikers : c’est un paysage très fluide avec apparition (et disparition) rapide des clubs. Le rapport souligne également l’existence de « confréries » (comme les « Sin Miedo ») qui adoptent la structure et les codes des gangs de motards, sans l’être totalement…
Les gangs de motards néerlandais s’étendent également à l’étranger : en Allemagne, en Norvège, en Espagne, au Maroc, en Suède (avec des luttes de pouvoir avec des gangs de rue et d’autres gangs de motards, impliquant notamment les No Surrender et les Satudarah), et en Belgique (No Surrender et Satudarah, opposés aux Bandidos et Hells Angels).
Le fait que ces gangs soient moins visibles ne signifie par qu’ils sont moins actifs, comme le montre la violence des Hardliners. Les enquêtes pénales sur les bikers sont difficiles : l’utilisation de cryptophones, l’omerta inhérente à ce milieu, le refus de témoigner,… En 2020, on relève notamment des arrestations de leaders et/ou de figures des Caloh Wagoh (une vingtaine de membres accusés d’association de malfaiteurs sur fonds d’assassinats ou de tentatives), des Bandidos (pour des violences sur la route, un trafic de méthamphétamine et « poursuite des activités d’une organisation interdite »), des No Surrender (affaires de stupéfiant, violence et extorsion) et des Hardliners (des violences dans le cadre d’une guerre avec les Satudarah). Au total, en 2020, il y a eu 146 affaires de crime organisé impliquant un ou plusieurs membres de gangs de motards, soit 253 personnes (dont 80 Satudarah, 64 No Surrender, 31 Hardliners, 29 Caloh Wagoh, 16 Hells Angels, 13 Trailer Trash, 9 Bandidos et 7 Red Devils). Il y a une baisse générale des affaires judiciaires impliquant des bikers, sauf les affaires de stupéfiants, en hausse.
Des travaux législatifs (projets de loi) sont en cours devant le Parlement néerlandais pour faciliter les interdictions de clubs de motards. Les administrations fiscale et sociale multiplient les initiatives pour lutter contre les fraudes fiscales et sociales impliquant les membres ou les structures de gangs de motards. Des contrôles sont également effectués sur des motards ayant une licence de sécurité privée (27 en 2020, contre 29 en 2019 et 30 en 2018) ou d' »agent privé de recherche ».
En matière de coopération policière entre les Pays-Bas, la Belgique et le Land allemand de Rhénanie-du Nord-Westphalie, il y a eu 89 dossiers en 2020.

Voir le rapport ici

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