Crimes contre les biens culturels : sondage d'Interpol
Interpol | 18.10.21
Selon un sondage d’Interpol effectué en 2020, la criminalité liée aux biens culturels pendant la pandémie de COVID-19 ne s’est pas arrêtée et a même atteint de nouveaux records dans certains cas. L’enquête s’appuie sur les informations fournies par 72 pays membres d’Interpol sur les crimes contre les biens culturels, les arrestations et les itinéraires du trafic illégal de biens culturels en 2020. Au total, 854.742 objets de biens culturels ont été saisis dans le monde en 2020, dont des objets numismatiques (pièces de monnaie, argent ou médailles), des peintures, des sculptures, des objets archéologiques et du matériel de bibliothèque. Plus de la moitié de ces objets ont été saisis en Europe, mettant ainsi en évidence l’impact des unités de police spécialisées dans les crimes contre les biens culturels, présentes dans la plupart des pays européens.
On constate une augmentation des fouilles illicites par rapport à 2019 en Afrique (+32 %), en Amérique (+187 %) et, surtout, en Asie et Pacifique du Sud (+3.812 %). Cela pourrait s’expliquer par le fait que les sites archéologiques et paléontologiques sont par nature moins protégés et plus exposés aux fouilles illicites.
Les restrictions liées à la COVID-19 ont limité les possibilités pour les criminels de voler des objets dans les collections publiques. Ainsi, peu de crimes liés aux biens culturels ont eu lieu dans les musées dans le monde. Pourtant, plusieurs crimes très médiatisés (le vol d’un tableau de Van Gogh du musée Singer Laren à Amsterdam et le vol de trois chefs-d’œuvre du Christ Church College d’Oxford) se sont produits alors que des ressources policières étaient consacrées au respect des règles liées à la pandémie.
Selon Corrado Catesi, coordinateur des œuvres d’art d’Interpol, les restrictions de voyage et les autres mesures restrictives liées à la Covid-19, ont contraint les criminels à trouver d’autres moyens pour voler, fouiller illégalement et faire passer en contrebande les biens culturels.
Selon le sondage d’Interpol, le mode opératoire des réseaux criminels varie selon la région et la demande du marché de chaque région. Par ailleurs, ils vendent les objets culturels sur les plateformes en lignes ou aux maisons d’enchères faisant ainsi également du blanchiment d’argent.
Il y a trois types d’acteurs impliqués dans les crimes liés aux biens culturels :
1. les voleurs et les creuseurs qui agissent sur le plan national soit individuellement soit au sein d’un groupe criminel organisé ;
2. les intermédiaires qui agissent au niveau régional et international ;
3. les dealers, les maisons d’enchères et les musées de collectionneurs.
Les intermédiaires sont souvent des experts du domaine et peuvent trafiquer des objets volés ou fouillés illégalement dans un même pays et d’un pays à l’autre.
Les voleurs/creuseurs travaillent de manière opportuniste (en volant le plus d’objets possible d’une maison privée ou en effectuant des fouilles illicites sur plusieurs sites) mais aussi sur commande pour des objets spécifiques souhaités par des collectionneurs particuliers.
Selon le sondage, en Europe les criminels visent plutôt les maisons privées (22%) et les sites archéologiques (16%). Par ailleurs, il est constaté que la nature de crimes en question est transnationale, les criminels voyageant avec des faux documents de voyage et cachant les biens culturels dans les bagages ou d’autres objets. La plupart de ces crimes sont détectés lors des contrôles frontaliers, des inspections de véhicules et des recherches en général. Une des techniques les plus efficaces pour lutter contre ce trafic illicite est un contrôle minutieux des documents, des certificats d’importation et d’exportation utilisés pour trafiquer les biens culturels.
Interpol continue à développer des nouveaux outils et à mettre à jour ceux qui existent déjà afin de permettre aux services répressifs et aux entités privées du monde entier de mieux lutter contre ces crimes. L’instrument le plus efficace à la disposition des services répressifs et du grand public est la base de données d’Interpol sur les Œuvres d’Art Volées, qui contient des enregistrements de plus de 52.000 objets provenant de 134 pays. En mai 2021, Interpol a lancé l’application mobile ID-Art, permettant aux utilisateurs d’identifier un objet culturel volé, d’accéder via leur téléphone portable à la base des données d’Interpol sur les œuvres d’art volées, de créer un inventaire des collections d’art privées et de signaler des sites culturels potentiellement à risque.
Voir les résultats du sondage ici.
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