Publication du rapport 2021 de l’OICS

Organisation Internationale de Contrôle des Stupéfiants | Mars 2022

L’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS) vient de publier son rapport pour l’année 2019. Quelques enseignements :
– Afrique : le cannabis reste la drogue la plus produite en Afrique, la Libye servant de plus en plus de zone de transit vers l’Europe ; le trafic de cocaïne prend de l’importance, notamment en Afrique du Nord et de l’Ouest ; les saisies de méthamphétamine sont en hausse, notamment en Afrique australe ; le trafic d’héroïne se fait surtout sur la côte de l’Océan Indien ; le trafic de captagon est en augmentation, alors que celui de Tramadol continue de poser de sérieux problèmes ; on constate des détournements de produits précurseurs, notamment pour la fabrication de méthaqualone.

– Amérique centrale et Caraïbes : les organisations criminelles se sont adaptées aux mesures prises lors de la crise sanitaire ; l’utilisation de conteneurs maritimes, de semi-submersibles et de hors-bord, mais aussi de petits aéronefs semble avoir augmenté durant la pandémie ; pendant le confinement, le prix des stupéfiants n’a pas connu d’augmentation, les revendeurs locaux utilisant le système de livraison à domicile ; on constate une augmentation du trafic de cocaïne-base de la Colombie vers d’autres pays d’Amérique Latine, laissant penser que la fabrication de chlorhydrate de cocaïne se déroulent de plus en plus souvent en dehors de la Colombie ; dans l’ensemble de la région, les cultures de cannabis, et le trafic d’herbe et de résine, sont en augmentation ; les drogues de synthèse sont également en augmentation dans la région.

– Amérique du Nord : la crise du Covid-19 a encore aggravé la crise des opioïdes aux États-Unis et au Canada ; on a constaté une augmentation de la fabrication, du trafic et de l’usage de méthamphétamine ; il y a eu une baisse de la surface des cultures de pavot au Mexique, mais une augmentation du rendement, ce qui provoque une très légère baisse de la production d’héroïne ; la production de cannabis a augmenté dans l’ensemble de la région, avec un taux de THC en hausse, y compris pour le cannabis légal.

– Amérique du Sud : l’urgence sanitaire a accentué la domination des organisations criminelles dans certains territoires et leur rôle de fournisseurs de services de base à la population ; après une forte baisse pendant les premiers mois de la pandémie (entre -20 et -50%), les cours de la feuille et de la pâte de coca se sont redressés à la fin de 2020 et en 2021 ; l’accès aux produit précurseurs s’étant compliqué avec la pandémie, les organisations criminelles ont mis en place une production artisanale de produits chimiques ; les restrictions de circulation ont provoqué une augmentation de l’usage d’avions pour le transport de cocaïne ; les exportations par container vers l’Europe, directement ou via l’Afrique, sont en forte augmentation ; la production et la consommation de drogues chimiques, notamment l’ecstasy, est en augmentation, notamment au Brésil ; les superficies de cocaïer sont en baisse en Colombie (mais le rendement de production est en augmentation…) et en hausse au Pérou et en Bolivie ; il semblerait que les groupes criminels placent de plus grandes quantités de drogues dans chaque expédition afin de compenser la perte d’activité subie pendant la pandémie ; la kétamine commence à se diffuser dans la région (surtout Chili et Argentine).

– Asie de l’Est et du Sud-Est : production et importante de méthamphétamine (surtout en Birmanie), d’ecstasy et de cannabinoïdes ; les surfaces de pavot sont en baisse en Birmanie ; les saisies de stupéfiants ont globalement baissé dans la région pendant la crise sanitaire (notamment en Chine et au Japon) ; l’utilisation du darknet et des réseaux sociaux pour le trafic s’est généralisée.

– Asie du Sud : à cause des restrictions liées au Covid, les organisations criminelles se sont adaptées en ayant de plus en plus recours aux containers maritimes et au fret postal ; la région est de plus en plus une zone de destination ou de transit pour la cocaïne ; l’industrie pharmaceutique indienne est particulièrement sujette aux détournements de produits précurseurs.

– Asie Occidentale : l’Afghanistan reste le premier producteur mondial d’héroïne : les surfaces de pavot sont en diminution mais la production d’héroïne est en augmentation ; la consommation de drogues de synthèse et de cannabinoïdes est en augmentation dans la région ; la production de méthamphétamine en Afghanistan et en Iran est surtout destinée à une consommation régionale ; une production de captagon contrefait est apparue, à destination du Moyen-Orient.

– Europe : les réseaux criminels se sont adaptés aux mesures prises lors de la crise sanitaire, tant dans les voies d’approvisionnement transnational, que dans la distribution nationale ; le renseignement, via des interceptions de systèmes cryptés, a permis aux forces de l’ordre de mieux comprendre le fonctionnement des organisations criminelles et d’opérer des saisies et arrestations majeures ; pour cause de restrictions, les réseaux ont privilégié la voie maritime plutôt que la voie terrestre pour l’héroïne et le cannabis ; la numérisation du marché des drogues s’est accentuée avec les confinements ; des quantités en hausse de cocaïne de plus grande pureté sont constatées ; les importations maritimes se font de plus en plus par les ports du sud-est de l’Europe ; le fentanyl commence à apparaître dans la région ; les drogues de synthèse se diffusent en Russie, où des laboratoires de production sont installés.

– Océanie : en plus d’être une zone importante de consommation (méthamphétamine et cocaïne), la région semble devenir aussi une zone de transit pour les opioïdes de synthèse à destination des États-Unis et de l’Europe.

Voir le rapport ici

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