Rapport sur le crime organisé au Nigeria

ONUDC | Septembre 2023

L’ONUDC (Office des Nations-Unis sur les Drogues et le Crime) a publié une évaluation de la menace du crime organisé au Nigeria. Le rapport s’articule autour de 7 points :
– Les cults : Actifs dans une multitude d’activités criminelles pour le pouvoir et le profits, les gangs cultistes sont avant tout des organisations sociales et de réseautage. Leur capacité de violence est utilisée à des fins d’extorsions, louée à des politiciens et employée pour sécuriser les activités illégales : comme le vol ou les activités pétrolières (raffinage et commerce, et sabotage de pipelines). Certains groupes sont enregistrés comme sociétés de sécurité privée et employés par des entreprises du secteur pétrolier.
– La piraterie maritime : Si avant 2010 les attaques étaient de « simples » vols, les attaques à partir de 2011 visent à s’emparer des cargaisons de pétrole. Avec la baisse du prix de pétrole en 2014 puis en 2016, on constate plutôt une vague d’enlèvements contre rançon, visant les équipages. Ces enlèvements ont chuté avec la remonté des prix à partir de 2021 (de 23 kidnappings en 2020 à 0 en 2022…). Si certains des pirates sont spécialisés, la plupart sont des opportunistes, souvent anciens bateliers ou pêcheurs qui agissent également en réaction à la destruction de l’environnement du delta du Niger. En parallèle, ils peuvent se proposer comme sécurité privée pour les grandes entreprises pétrolières.
– Les enlèvements : En plus des enlèvements maritimes, il y a d’autres problématiques dans ce domaine, comme des enlèvements massifs d’écolières, notamment dans le Centre-Nord et le Nord-Ouest du pays. Les kidnappings sont des actes mixtes de banditisme et de violences politiques (avec également des viols et des meurtres), mais de plus en plus les auteurs réclament des rançons et non pas des concessions politiques…
– Les stupéfiants : Le trafic de cocaïne et d’héroïne reste une préoccupation majeure mais les opioïdes de synthèse / médicaments détournés (Tramadol, généralement en provenance d’Asie, avec un prix dans la rue qui a quintuplé entre 2017 et 2021) sont des défis croissants en matière de consommation domestique. Outre des cultures de cannabis, le Nigeria produit également des drogues de synthèse (notamment méthamphétamine), l’importation de précurseurs chimiques restant soutenu pour l’industrie pharmaceutique locale.
– La faune sauvage : A partir de 2014, le Nigeria est considéré comme une importante plaque tournante du trafic d’espèces protégées : ivoire, écailles de pangolin, bois de rose,…
– Le trafic de femmes et d’enfants : Les femmes et enfants nigérians sont les victimes principales d’un trafic, international et national, pour l’exploitation sexuelle, le travail forcé, l’esclavage domestique et la mendicité forcée. On note également des affaires de ventes de bébé pour l’adoption illégale.
– Les migrants : Les migrants nigérians ont le plus souvent recours à des passeurs professionnels pour effectuer le voyage terrestre et maritime vers l’Europe. Les passeurs ne contrôlent en général qu’une partie du trajet : un système de « relais » de passeurs est donc organisé avec corruption des agents frontaliers et fourniture de faux documents. Le voyage terrestre à travers l’Afrique de l’Ouest et du Nord est payé entre 500 et 1.500 dollars, le passage de la Méditerranée étant payé séparément.

Voir le rapport ici
ou https://www.unodc.org/documents/nigeria/NOCTA_Web_Version_25.09.2023.pdf

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