Rapport sur les techniques de renseignement en 2024
Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement | Juin 2025
La CNCTR (Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement) a publié son rapport d’activité et constate une activité globalement maîtrisée des services de renseignement en 2024, malgré un contexte exceptionnel (Jeux Olympiques, tensions internationales, violences collectives). Les demandes de techniques augmentent modérément de 3 % pour atteindre 98.883 (+24,3 % par rapport à 2019), tandis que le nombre de personnes surveillées se stabilise à 24.308 (+0,4 %).
La prévention du terrorisme redevient le premier motif de recours (30 % des personnes surveillées et 39,3 % des demandes), avec 7.264 personnes visées (+4,3 % par rapport à 2023 mais −17,3 % par rapport à 2020).
La criminalité organisée recule légèrement à 6.761 personnes (−4,2 % sur un an, mais +18,8 % depuis 2019), les violences collectives sont stables (2.528 personnes), et la lutte contre les ingérences étrangères progresse pour représenter désormais plus de 20 % du total des techniques comme des personnes concernées. Les demandes de surveillance des communications internationales baissent légèrement (3.942 contre 3.981).
La dynamique la plus marquée concerne les techniques intrusives : le recueil et la captation de données informatiques bondissent de 27 % en 2024 (+136 % depuis 2020). Une nouvelle autorisation d’algorithme de détection de menaces terroristes porte à six le nombre d’algorithmes autorisés depuis 2015 (l’un n’est plus exploité).
Les techniques traditionnelles demeurent de première intention avec, pour la première fois depuis 2019, une hausse du contingent des interceptions de sécurité, tandis que les techniques moins intrusives (données de connexion en temps différé) restent majoritaires, à près de 58 % des demandes.
Les avis défavorables de la commission demeurent très minoritaires (803 en 2024, soit 0,8 % des demandes ; 1,3 % hors données de connexion) et sont systématiquement suivis par le Premier Ministre. Côté contrôle a posteriori, 123 contrôles ont été menés (−9 % par rapport à 2023), la baisse s’expliquant par la charge des JO et une tension d’effectifs. Malgré des progrès, la CNCTR relève des irrégularités persistantes : absence récurrente de bulletins de renseignement, dépassements de périmètre (recueil de propos de personnes non autorisées), anomalies structurelles de conservation et d’exploitation des données ; les irrégularités notifiées ont été corrigées dans des délais jugés satisfaisants.
Des ajustements ciblés interviennent via la loi du 25 juillet 2024 (ingérences étrangères) et la loi du 13 juin 2025 (lutte contre le narcotrafic), avec la nécessité de donner un cadre clair aux échanges de renseignement avec l’étranger.
Voir le rapport ici
ou https://cms.cnctr.fr/uploads/RAPPORT_CNCTR_2024_numerique_78e7fae737.pdf
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