Cocaïne en France : un impact hospitalier désormais structurel

Santé Publique France | Juillet 2025

La pression sanitaire liée à la consommation de cocaïne continue de s’alourdir en France, même si les indicateurs semblent atteindre un plateau après plus d’une décennie de hausse continue. Selon les dernières données publiées par Santé publique France, l’usage de cette substance a conduit en 2024 à 5.067 passages aux urgences et à 1.619 hospitalisations consécutives, soit en moyenne près de 100 passages hebdomadaires à l’échelle nationale.

Passages aux urgences pour usage de cocaïne pour 100.000 passages
et hospitalisations après ces passages aux urgences

Ces chiffres marquent une stabilisation à des niveaux élevés après une progression quasi ininterrompue depuis 2012. Sur cette période, le taux de recours aux urgences lié à la cocaïne a plus que triplé, tandis que les hospitalisations ont été multipliées par quatre. Au total, entre 2012 et 2024, 32.749 passages aux urgences ont été enregistrés en lien direct avec cette drogue, confirmant un impact durable sur les services hospitaliers et les structures d’addictologie.

Les disparités territoriales sont importantes. Les taux les plus élevés sont observés en Guyane, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie, avec des niveaux nettement supérieurs à la moyenne nationale. Ces zones cumulent à la fois une forte disponibilité du produit et des réseaux de distribution actifs, ce qui se traduit par une pression accrue sur les structures de soins.

Le profil des patients reste stable. Environ 74% des passages concernent des hommes, avec un âge médian de 32 ans, correspondant à la tranche d’âge la plus consommatrice. Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie signalent par ailleurs que la cocaïne est désormais plus fréquemment déclarée comme substance principale chez les nouveaux patients entrant en traitement, ce qui témoigne d’un ancrage croissant du produit dans les parcours d’addiction.

Sur le plan médical, les complications observées sont majoritairement aiguës et graves. Les urgences cardiovasculaires dominent, notamment infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux et thromboses. Les troubles psychiatriques sont également fréquents, avec dépression, anxiété sévère et tentatives de suicide. Les épisodes sont souvent aggravés par des consommations associées. Près d’un tiers des cas impliquent l’alcool, tandis que d’autres co-consommations concernent les opiacés, le cannabis ou les benzodiazépines, ce qui accroît les risques toxiques et complique la prise en charge.

Ces indicateurs s’inscrivent dans un contexte d’augmentation globale du nombre d’usagers. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, environ 10% des adultes déclarent avoir déjà consommé de la cocaïne au cours de leur vie et 3% au cours des douze derniers mois, confirmant la diffusion du produit au-delà des milieux festifs traditionnels.

Les autorités sanitaires soulignent ainsi le « poids significatif » de la cocaïne sur le système hospitalier, tant en termes de flux que de gravité des cas, et considèrent cette drogue comme un facteur majeur de tension pour les urgences, au même titre que les opioïdes ou l’alcool.

Voir l’étude ici
ou https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/drogues-illicites/documents/enquetes-etudes/evolution-des-passages-aux-urgences-et-des-sollicitations-de-drogues-info-service-en-lien-avec-la-consommation-de-cocaine-entre-2012-et-2024

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