Rapport de situation sur le milieu criminel bikers en Suède et dans les pays nordiques

Acta Publica - Suède | Février 2026

Les gangs de motards dominants en Suède restent le Hells Angels MC et le Bandidos MC. Ensemble, ils regrouperaient environ 740 individus, répartis de manière relativement équilibrée entre les deux organisations, avec une légère prédominance de Hells Angels. Cette estimation inclut les membres disposant d’un statut dans les clubs, qu’ils soient incarcérés ou non, ainsi que leurs cercles de soutien les plus proches.

Les gangs de motards criminels en Suède ont démontré une grande stabilité dans le temps par rapport à d’autres réseaux de criminalité organisée. Toutefois, ils ne peuvent jamais considérer leurs positions comme acquises. Au cours du dernier trimestre 2025, il apparaît clairement que les menaces pesant sur la stabilité et le développement de ces groupes proviennent à la fois de l’extérieur, notamment d’autres réseaux criminels, et de l’intérieur, au sein même de leurs membres.
Le Hells Angels MC demeure la structure la plus stable parmi les clubs dits « 1 % », mais à Göteborg, le groupe a été fragilisé par le départ de plusieurs membres expérimentés. Ces départs interviennent peu après un incendie survenu à l’automne dans le clubhouse de Gunnilse, ainsi que dans un contexte où une procédure pour meurtre, liée à la section locale, est toujours en cours. Par ailleurs, les Hells Angels de Stockholm sont confrontés à des tensions avec d’autres réseaux criminels.
Le second acteur dominant de la scène suédoise, le Bandidos MC, connaît également des signes de mécontentement interne dans plusieurs chapitres. Le club regroupe les membres les plus actifs sur le plan criminel, avec des activités souvent imbriquées dans d’autres milieux délinquants. Au cours du quatrième trimestre 2025, un membre de longue date a été exclu en raison de ses liens avec le réseau « Foxtrot », tandis qu’un ancien prospect a été condamné pour son implication dans une tentative de meurtre liée à la même conflictualité interne. Deux autres membres des Bandidos ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour des infractions graves liées aux stupéfiants, commises avec des acteurs extérieurs, sans que la justice établisse de lien direct avec le club en tant qu’organisation.
Le club des Bandidos doit également faire face au fait que l’organisation est interdite au Danemark depuis la fin du mois d’octobre 2025. Les conséquences à long terme restent incertaines, mais il est probable que des effets indirects se fassent sentir en Suède. La présence de Bandidos est particulièrement importante en Scanie, région voisine du Danemark. À ce stade, aucun élément ne laisse penser que la structure danoise envisage de transférer ses activités de manière organisée vers la Suède.
Le Comanches MC est marqué par des conflits internes depuis son implantation en Suède. La situation est désormais suffisamment grave pour menacer l’existence du club à long terme. Cette instabilité est renforcée par les difficultés rencontrées par la branche danoise, qui exerce une influence importante sur l’organisation suédoise. Un exemple significatif concerne un ressortissant danois, prospect au sein de la section de Malmö, retrouvé en décembre à proximité d’un club Comanches à Copenhague avec une arme chargée. Il aurait agi dans le cadre d’un conflit interne et a été placé en détention pour infraction à la législation sur les armes au Danemark.

Il apparaît clairement que les autres clubs internationaux présents en Suède rencontrent des difficultés à se développer et à étendre leurs structures. Cela pourrait relever d’un choix stratégique de discrétion, mais l’expérience montre que la plupart de ces clubs cherchent à croître. Outlaws MC en est un exemple : le club a récemment fermé sa section en Dalécarlie et ne dispose plus que d’une seule implantation en Suède.

Au quatrième trimestre 2025, l’environnement des motards criminels apparaît globalement stable en termes d’équilibre des pouvoirs. Il reste également doté de ressources importantes, notamment en matière d’infrastructures et de connexions internationales. Les relations internationales dans cet environnement reposent à la fois sur des structures organisationnelles établies et sur des liens informels entre individus. Ces connexions permettent des échanges d’informations et des coordinations transnationales, en particulier à l’échelle nordique et européenne. L’ensemble de ces facteurs confère à ces groupes une certaine résilience organisationnelle et une capacité d’adaptation, même dans un contexte où leur activité visible reste limitée.

Dans le même temps, la périphérie de cet environnement est plus mouvante que par le passé, avec une succession d’affaires liées aux armes et aux violences, des rotations dans certaines sections, ainsi que des recompositions locales où certains sous-groupes déclinent ou disparaissent tandis que d’autres se renforcent.
Des contacts existent également entre Bandidos, Hells Angels et d’autres réseaux criminels dans les grandes zones urbaines, mais aucun élément ne permet d’établir l’existence de coopérations structurées ou durables. Il s’agit plutôt de situations où les clubs évoluent dans des environnements partagés avec d’autres groupes, générant à la fois des interactions et des conflits.

L’élément le plus marquant du quatrième trimestre concerne l’évolution de Comanches MC en Suède. Des informations font état de tensions internes, de problèmes de leadership et d’une hausse de la criminalité, notamment sous la forme d’activités d’extorsion. L’ensemble laisse apparaître une organisation fragilisée et instable, susceptible de générer de nouvelles frictions avec les clubs établis et les réseaux criminels locaux.

Le contrôle direct des gangs de motards sur la criminalité de rue a diminué au fil du temps, mais ils conservent un rôle logistique et organisationnel central, notamment en matière de commerce, de transport et de flux financiers. Le cœur de cet environnement reste dominé par les Hells Angels et les Bandidos, tandis que les conflits, la pression policière et les difficultés organisationnelles des groupes plus petits entraînent des recompositions progressives et une instabilité accrue en périphérie.

La décision judiciaire d’interdiction des Bandidos au Danemark marque un possible tournant juridique et politique, avec une tendance accrue à engager la responsabilité collective des organisations criminelles violentes. Pour les clubs suédois, cela pose un choix stratégique : réduire les liens visibles entre structure et criminalité, ou s’exposer à une régulation progressive susceptible d’affaiblir leurs infrastructures sociales, logistiques et symboliques.

En décembre dernier, le gouvernement suédois et le parti « Démocrates de Suède » (nationaliste-populiste) ont présenté une réforme constitutionnelle visant notamment à restreindre la liberté d’association des gangs criminels, en criminalisant la participation à ces groupes. Une telle loi ne pourrait entrer en vigueur qu’après les élections de l’automne 2026, mais elle pourrait avoir des conséquences majeures pour l’ensemble de la sphère des clubs « 1 % ».
Ce type de mesure pourrait affecter particulièrement les clubs de motards, dont l’organisation repose sur des structures formalisées, des hiérarchies claires, des locaux identifiables et une forte symbolique visible. Cette visibilité les rend plus vulnérables à une législation ciblant les organisations, contrairement à des réseaux plus informels.
Il existe également un risque d’adaptation de ces groupes, qui pourraient réduire leur visibilité et leur formalisation. Si l’appartenance, les symboles et les lieux deviennent juridiquement risqués, les structures pourraient évoluer vers des formes plus discrètes et clandestines, ce qui compliquerait le travail des services de renseignement et pourrait conduire à un environnement criminel plus fragmenté et difficile à contrôler. Une évolution similaire a été observée aux Pays-Bas après l’interdiction de plusieurs clubs.

Situation des conflits en Suède :

Le niveau de conflictualité en Suède reste globalement faible à l’échelle nationale, mais plusieurs zones de friction régionales et locales peuvent évoluer rapidement. Le cœur du système reste dominé par les Hells Angels et les Bandidos, dont l’équilibre des forces apparaît stable. En revanche, la périphérie est plus instable, générant de nouveaux points de contact et de tension, tant entre clubs qu’avec d’autres réseaux criminels.
Les informations disponibles indiquent que les Hells Angels et les Bandidos disposent d’un accès stable aux armes à feu et aux explosifs. Cette capacité joue à la fois un rôle dissuasif et permet une montée en puissance rapide en cas d’aggravation des tensions locales. Dans un contexte où ces groupes ne dominent plus directement la criminalité de rue comme auparavant, la détention d’armes devient un outil stratégique, servant à la fois de garantie, de levier disciplinaire interne et de marqueur de statut vis-à-vis des autres acteurs.

La combinaison d’une forte capacité de violence latente au sein des grands clubs et d’une instabilité croissante chez les acteurs périphériques maintient un potentiel conflictuel élevé, même en l’absence d’escalade généralisée sur la période.

Pour les Hells Angels :

Le Hells Angels MC est présent dans les villes suivantes en Suède : Luleå, Uppsala, Stockholm (deux sections), Eskilstuna, Karlstad, Göteborg, Helsingborg, Hässleholm et Malmö. De légères évolutions ont eu lieu dans les sections implantées en Suède. Certaines des nouvelles recrues ont été condamnées pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et pour des infractions routières.
Un membre danois a été transféré au chapitre Hells Angels d’Helsingborg. Un membre allemand a été transféré au chapitre de Malmö. Au moins trois membres de longue date ont quitté le chapitre de Gothenburg en novembre 2025. Parmi eux figure une personne qui a longtemps occupé la fonction de secretary dans la section tout en étant responsable des questions de marque pour l’ensemble des Hells Angels en Suède, ainsi qu’une autre qui a exercé pendant plusieurs années les fonctions de treasurer. Tous ont quitté le club avec le statut « LEFT » (ayant quitté le club officiellement, sans en être formellement expulsé). Ces départs peuvent indiquer que de nouvelles lignes directrices internes ou des changements organisationnels ont été introduits dans la section, sans avoir été acceptés par les membres qui ont choisi de partir.

Après ces départs, il ne reste plus que deux membres originels de la création du chapitre en 1999. La base actuelle des membres est constituée principalement de personnes issues des anciens chapitres « West Rock City » et « Goth Town », toutes deux dissoutes en 2022. Dans l’ensemble, il est estimé que la direction centrale des Hells Angels n’est pas satisfaite du fait que l’organisation ne dispose aujourd’hui que d’une seule section dans le Västra Götaland et à Göteborg. Dans ce contexte, il paraît probable qu’une nouvelle section soit créée dans la région dans les prochaines années.
Un certain nombre de nouveaux hangarounds ont été intégrés dans d’autres sections Hells Angels en Suède. Certains ont des liens avec le milieu hooligan, mais aussi avec d’autres réseaux criminels. Au total, le Hells Angels MC compte en Suède un peu plus de 100 membres à part entière après les départs à Göteborg. Les hangarounds sont recrutés principalement parmi les « clubs à patch diamant » (clubs satellites ou partenaires des Hells Angels) et Red Devils MC.

Plusieurs clubs Hells Angels ont choisi de tenir certaines de leurs réunions hebdomadaires dans des locaux appartenant à des clubs SBM (Svensk Biker Modellen, structure hiérarchisée et codifiée qui organise les relations entre clubs de motards, en particulier autour de l’influence des Hells Angels). Une telle stratégie peut avoir plusieurs raisons, par exemple le fait qu’un club soit impliqué dans un conflit et ne souhaite pas s’exposer dans son propre local, qu’il veuille entretenir des liens avec des clubs amis au sein du SBM, ou encore que son clubhouse soit en rénovation.

Il est clair que le Hells Angels MC en Suède a accès à des quantités importantes d’armes à feu, qu’il s’agisse d’armes de poing, d’armes automatiques ou d’armes adaptées à un usage de précision. Plusieurs enquêtes menées en 2025 ont conduit à d’importantes saisies d’armes liées à des chapitres suédois des Hells Angels. L’ensemble de ces éléments indique que l’organisation maintient un arsenal relativement large et diversifié, lui permettant de mobiliser rapidement une capacité de violence en cas d’escalade des conflits. Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau, puisque la police saisit depuis plus de trente ans des armes illégales chez les Hells Angels, mais les saisies de 2025 montrent que des quantités importantes existent encore dans ce milieu.
Cette évolution doit être comprise à la lumière du fait que des clubs de motards comme les Hells Angels et les Bandidos ne dominent plus, depuis quelques années, le niveau de la rue de manière aussi visible qu’auparavant. Une diminution du contrôle territorial n’implique pas nécessairement une diminution des capacités. Cela peut plutôt être interprété comme un déplacement stratégique dans lequel la capacité de violence et l’accès aux armes continuent de constituer une ressource centrale de pouvoir, même si leur usage devient plus sélectif ou plus indirect. Dans un environnement criminel fragmenté, où les conflits surgissent souvent rapidement et entre plusieurs configurations d’acteurs, un accès stable aux armes et aux explosifs fonctionne comme une forme d’assurance, à la fois pour dissuader d’éventuels adversaires et pour pouvoir agir de manière offensive si la situation l’exige.

Une interprétation raisonnable est aussi que l’accès aux armes remplit plusieurs fonctions simultanément. Outre la possibilité de recourir à la violence dans des situations conflictuelles concrètes, il peut contribuer à la discipline interne et à la cohésion, tout en renforçant le statut du club par rapport à d’autres acteurs criminels. Même si le milieu des motards criminels est aujourd’hui en concurrence avec des réseaux plus mobiles et plus ancrés localement, sa stabilité organisationnelle et son capital symbolique restent des atouts. Dans cette perspective, la détention d’armes n’est pas seulement un outil opérationnel, mais aussi un marqueur de pertinence durable et de capacité à « fixer les règles du jeu » dans certaines parties de l’économie criminelle.

Un membre d’un « club à patch diamant » s’est vu saisir ses armes de chasse par la police. Il existe déjà une pratique selon laquelle le lien avec Hells Angels ou avec des clubs proches est considéré comme un motif de refus ou de retrait d’un permis d’armes. La justification avancée est généralement que l’appartenance, les fréquentations actives ou le rôle au sein d’un club de motards ayant des liens documentés avec la criminalité organisée accroissent le risque d’un usage abusif futur. Un membre d’un club SBM aurait quitté son club parce qu’il ne voulait pas risquer de voir ses armes saisies.

Pour les Bandidos :

Le Bandidos MC est présent dans les villes suivantes en Suède : Stockholm, Karlstad, Vänersborg, Skara, Kungälv, Göteborg, Växjö, Höör et Helsingborg (deux chapitres). Plusieurs conflits internes sont en cours au sein des Bandidos en Suède, certains membres étant mécontents de la situation dans différentes sections. Cela se manifeste notamment par le départ de membres et d’individus fortement liés au club. Si ces conflits perdurent, ils peuvent avoir un impact négatif sur l’ensemble des activités de Bandidos en Suède. En outre, plusieurs chapitres Bandidos ont perdu l’accès à leurs propres locaux après des actions coordonnées de la police et d’autres autorités. Enfin, un membre de longue date du chapitre Bandidos « Helsingborg City » a été exclu avec le statut NO CONTACT. Cela est probablement lié à des contacts jugés inappropriés avec des individus appartenant à la structure du réseau criminel Foxtrot.
De nouveaux prospects ont été recrutés, avec un profil particulier : si les anciens recrutement concernaient des « criminels d’habitude », désormais le club attire des individus sans condamnation ou n’ayant commis que des infractions mineures.

À ce jour, rien n’indique que Bandidos Danemark envisage de transférer structurellement ses activités en Suède à la suite de son interdiction. Des membres danois ont rejoint d’autres pays européens, y compris la Suède, mais il s’agit de transferts individuels qui n’affectent pas l’organisation danoise dans son ensemble. Celle-ci continuerait d’exister, mais de manière plus discrète.

La police souligne dans une note qu’il est difficile de distinguer clairement la criminalité individuelle de celle qui relève d’une organisation structurée au sein de Bandidos. Toutefois, l’implantation internationale du club, ses règles d’admission formalisées et ses mécanismes internes de contrôle social créent des conditions favorables à la loyauté et à la coordination d’activités criminelles.
Les analyses nationales et internationales, ainsi que les éléments issus d’enquêtes et du renseignement, indiquent l’existence de coopérations criminelles organisées, notamment dans le trafic de stupéfiants et les activités d’extorsion. Ces coopérations impliquent des individus appartenant à différentes sections, en Suède comme dans le reste de l’Europe. Les violences contre les personnes sont fréquentes, et l’extorsion est considérée par les autorités comme un domaine criminel central lié aux Bandidos. Des infractions économiques sont également observées, notamment des fraudes aux prestations sociales, parfois via des montages impliquant des entreprises. L’infiltration de secteurs comme le transport ou le bâtiment est documentée, avec le recours ponctuel à des compétences spécialisées (banquiers, médecins, agents immobiliers, juristes, avocats).

Des tensions existent notamment entre Bandidos et Comanches, ainsi qu’avec Brödraskapet Wolfpack, notamment dans la région de Fyrbodal, avec violences, projets d’enlèvements et saisies d’armes. Un meurtre d’un membre Bandidos à Stockholm en septembre reste non attribué, avec des suspects jeunes, ce qui renvoie au modèle « crime as a service » des réseaux. Des attaques à la grenade et des règlements de comptes violents ont également été recensés.

Des évolutions structurelles sont observées dans les clubs affiliés, notamment dans le réseau Red and Gold Family. Certains clubs changent de couleurs pour afficher leur loyauté aux Bandidos. Par ailleurs, de nouveaux clubs apparaissent, notamment à Malmö, marquant un retour d’influence après plusieurs années. De même, des recrutements continuent, y compris d’anciens proches des Hells Angels.

L’environnement Bandidos en Suède apparaît stable dans son noyau, le club restant l’un des deux acteurs dominants. Cependant, la périphérie est plus instable : échecs d’implantation (face à des réseaux locaux, modestes mais bien implantés), recompositions, tensions locales. En interne, une volonté de discipline et de contrôle apparaît, notamment avec des exclusions pour préserver l’autonomie face à d’autres réseaux comme Foxtrot.

Globalement, Bandidos conserve une forte capacité de violence et une base organisationnelle solide, mais doit faire face à des défis croissants : concurrence des réseaux locaux, tensions internes, pression judiciaire et policière accrue.

Pour les autres clubs criminalisés :

– Comanches MC Sweden :
Plusieurs personnes auraient été poussées à quitter Comanches MC Rock County et les turbulences qui marquent l’existence de Comanches en Suède depuis sa création se poursuivent. Selon des observateurs, le Comanches MC ne pourra jamais se développer en Suède tant que le fonctionnement du club restera celui d’aujourd’hui. Il n’existe pas non plus de stratégie claire sur la manière dont le club pourrait assurer sa survie. Plusieurs membres ont fait l’objet d’enquêtes liées à des conflits internes et, même si de nouveaux membres ont été intégrés, d’autres ont été exclus.
Le club des Comanches a au total légèrement augmenté ses effectifs et compterait, selon différentes sources, un peu plus de 30 personnes, mais ne dispose toujours que de trois chapitres en Suède : Westcoast (près de Göteborg), Rock County (région de Jönköping) et Malmö. Cette hausse des effectifs pourrait s’expliquer par un recrutement opéré depuis les prisons, ce qui signifie que les nouvelles recrues ne se trouvent pas dans la rue.
Certains membres du Comanches MC auraient mis en place un système consistant à extorquer d’anciens membres exclus. Ceux qui parviennent à obtenir de l’argent le garderaient ensuite pour eux-mêmes. Ce comportement n’est pas cautionné par le club, et conduirait à une exclusion s’il était découvert. Cela pourrait expliquer pourquoi le Comanches MC risque de dépérir de lui-même en Suède, car de telles pratiques ne vont évidemment pas favoriser le recrutement ni la croissance du club, déjà difficiles depuis son implantation.

Les Comanches danois connaissent eux aussi des problèmes internes, ce qui pourrait éventuellement avoir des répercussions en Suède, l’organisation suédoise étant en pratique placée sous direction danoise. Une poursuite des divisions internes au Danemark pourrait entraîner un affaiblissement du commandement, une discipline plus faible et une autonomie accrue des sections suédoises. Il existe donc un risque de dérives locales, de tensions internes et de modifications d’alliances au sein de la structure suédoise.
En même temps que persistent ces turbulences internes, des individus liés aux Comanches manipulent d’importantes quantités de stupéfiants et différents types d’armes.

– Outlaws MC Sweden :
Un règlement de comptes interne au sein du chapitre Outlaws « Red Region » à Rättvik au printemps 2025 serait vraisemblablement à l’origine du dépérissement de toute la section.
Outlaws ne dispose plus que d’un seul chapter en Suède, situé à Enköping mais se présentant sous le nom de Outlaws MC Sweden Stockholm. Les Outlaws n’ont jamais été aussi affaiblis en Suède auparavant et, selon certaines sources, le recrutement du club est quasiment à l’arrêt.

– Brödraskapet Wolfpack :
Un conflit a éclaté entre les Bandidos et Brödraskapet Wolfpack dans la région de Trestad durant l’été 2025. Celui-ci a provoqué plusieurs épisodes de violence et d’autres situations dans lesquelles la police a pu empêcher des crimes potentiellement graves.

– Barbarian Clan MC Sweden :
Barbarian Clan MC est un acteur relativement récent de la scène biker en Suède et se compose notamment d’anciens membres du Satudarah MC dissous. Des informations récentes indiquent qu’un certain nombre de membres ont quitté le groupe et que le club tente désormais de recruter de nouvelles personnes. Barbarian Clan MC au Danemark aurait cessé ses activités.

En dehors de la Suède :

– Danemark :
À l’issue d’une vaste procédure judiciaire, le tribunal d’Helsingør a décidé de dissoudre le club Bandidos MC Denmark sur le fondement de l’article 78 de la Constitution danoise. Le jugement a été rendu le 29 octobre 2025. Le tribunal a estimé que l’organisation ne fonctionnait pas seulement comme un club de motards légal, mais qu’elle poursuivait parallèlement un objectif illégal à travers une criminalité systématique et étendue. Un élément central de l’appréciation judiciaire a été que les Bandidos au Danemark constituaient une association unifiée et cohérente, et non une fédération souple de sections locales indépendantes. Cela a fourni la base juridique permettant de viser la dissolution de l’ensemble de l’organisation.
Pour justifier cette dissolution, le tribunal a invoqué le rôle du club dans des conflits violents entre gangs, la criminalité documentée de ses membres, ainsi que ses manifestations publiques, lesquelles auraient, selon le tribunal, contribué à un sentiment d’insécurité dans la société. Le tribunal a souligné que cette décision ne restreignait pas le droit des membres pris individuellement à conduire une moto ou à pratiquer un loisir légal. L’interdiction provisoire introduite en 2024 a été jugée conforme à la Constitution, et le tribunal a également ordonné la confiscation des avoirs de l’organisation. Le jugement a été frappé d’appel par le Bandidos MC, qui soutient que la dissolution viole la liberté d’association.

Le jugement marque un tournant juridique et politique net au Danemark. En pratique, la décision signifie que l’intérêt protégé par l’État, c’est-à-dire le besoin de sécurité, d’ordre et de sûreté de la société, prime sur la liberté d’association lorsqu’une organisation est considérée comme poursuivant un objectif criminel.
L’interdiction a une portée à la fois symbolique et pratique. Sur le plan symbolique, elle signifie que la criminalité organisée est de plus en plus considérée comme une menace structurelle contre l’État de droit et les institutions démocratiques. Sur le plan pratique, la dissolution vise à limiter la capacité de l’organisation à agir de manière ouverte, visible et cohérente. Reste toutefois à savoir si cette jurisprudence pourra s’inscrire dans la durée, notamment à travers la procédure d’appel en cours.

La police danoise a toutefois constaté que les Bandidos continuaient en pratique d’exister malgré sa dissolution formelle. Selon la police, un sentiment d’identité persistant, et à certains égards renforcé, subsiste chez les membres, l’interdiction ayant davantage contribué à une mentalité de type « nous contre le monde » qu’à une dissolution des loyautés internes. Une expression claire de cette adaptation réside dans les changements apportés à l’usage des symboles. Plusieurs membres danois ont été observés portant sur leurs gilets de nouveaux patchs inférieurs ou latéraux marquant des liens avec des chapitres internationaux des Bandidos, notamment en Serbie, en France, en Angleterre, en Espagne et aux Pays-Bas. Cela peut être interprété comme une manière de préserver l’appartenance organisationnelle et l’identité malgré l’interdiction nationale, et illustre la manière dont des réseaux transnationaux sont utilisés pour contourner les limites juridiques nationales.

Dans l’ensemble, l’interdiction a conduit à une combinaison de dissolution formelle et de restructuration pratique. Selon les informations disponibles, des membres danois ont été formellement rattachés à d’autres chapitres européens des Bandidos où l’organisation reste autorisée, notamment dans le sud de l’Europe. Ils peuvent ainsi continuer à apparaître ouvertement avec les gilets Bandidos en dehors du Danemark, tandis que la branche danoise a, sur le papier, cessé d’exister. Des acteurs danois de premier plan ont été intégrés dans la structure dirigeante européenne, ce qui réduit encore la portée pratique de l’interdiction au niveau individuel.
Parallèlement, certaines sections locales au Danemark ont changé de nom et d’affiliation organisationnelle pour rejoindre d’autres clubs de motards établis, comme Comanches MC. Cela a permis de maintenir une organisation collective sous une forme modifiée. Aucun passage massif vers d’autres clubs n’a toutefois été observé, et on estime qu’un peu moins de 250 individus continuent à s’identifier comme membres de Bandidos dans des cadres informels et fermés.
L’interdiction a également affecté la culture interne de l’organisation. Les rituels traditionnels et les pratiques de socialisation, auparavant liés à des clubhouses physiques et aux déplacements entre sections, ont dans une certaine mesure été remplacés ou réinterprétés. Les actes symboliquement importants se sont au contraire concentrés autour de lieux de mémoire et de tombes de membres décédés, ce qui peut être compris comme une manière de maintenir l’identité collective sous des conditions répressives.

Dans une perspective plus large, cette affaire illustre la transformation en cours de la criminalité organisée dans les pays nordiques et en Europe. La domination des clubs de motards traditionnels s’est progressivement érodée au profit de réseaux plus flexibles, fragmentés et transnationaux, face auxquels les interdictions nationales risquent d’avoir une portée limitée. L’interdiction du Bandidos MC peut donc être comprise avant tout comme un coup porté à la structure extérieure de l’organisation, à sa symbolique et à sa force de recrutement locale, plutôt que comme une atteinte décisive au fonctionnement et à la logique du marché criminel.

Par ailleurs, au printemps 2025, plusieurs projets d’attentat visant des Hells Angels à Kokkedal ont été mis en œuvre. Selon la police danoise, il s’agissait de tentatives de meurtre organisées, dans lesquelles des auteurs extérieurs étaient recrutés, tandis que la logistique reposait sur des « safe houses », des moyens de transport et des armes fournies. La police décrit le dossier comme un exemple clair de « crime as a service », dans lequel des missions violentes sont commandées par des réseaux criminels et exécutées par des acteurs recrutés à contrat, souvent au-delà des frontières nationales. Cette série d’attentats doit être comprise dans le contexte de tensions internes aux Hells Angels au Danemark. En 2025, un membre danois influent de 31 ans, basé en Turquie, a été désigné comme suspect dans ces attaques. Lors de la réunion internationale de l’organisation, le World Run organisé en Argentine en 2025, la direction des Hells Angels a décidé de le suspendre provisoirement dans l’attente d’une enquête interne. Le fait que cette question ait été soulevée et traitée au plus haut niveau international indique un conflit interne important au sein des Hells Angels danois.

Au cours du dernier trimestre, les Comanches (autour de 200 membres) au Danemark ont montré des signes de division interne et d’instabilité organisationnelle, malgré une apparence extérieure d’expansion. De nouvelles sections ont été créées notamment à Horsens, Århus, Roskilde et Kolding, mais cette évolution semble refléter surtout des conflits internes plutôt qu’une véritable croissance.
Les Comanches constituent aujourd’hui le seul des trois grands clubs « 1 % » du Danemark à maintenir des clubhouses ouverts. Les Hells Angels ont quitté ses locaux à la suite de l’interdiction prolongée imposée par la police, et les Bandidos ont progressivement réduit sa présence physique avant même l’entrée en vigueur de son interdiction. Les Comanches sont nés d’une réorganisation de l’ancien club Satudarah MC, lorsque plusieurs chapitres au Danemark et à l’étranger ont changé de couleurs dans le cadre d’un patch over.
Les Comanches auraient récemment accueilli un nombre croissant de membres sans passé traditionnel dans le milieu biker. Ces recrutements auraient eu lieu en dehors des critères établis habituellement appliqués dans cet environnement, ce qui a généré des tensions internes.
En résumé, les Comanches au Danemark apparaissent actuellement comme une organisation marquée par la fragmentation, des luttes de pouvoir internes et un affaiblissement de la discipline interne. Malgré une activité visible et la création formelle de nouvelles sections, l’évolution observée renvoie plutôt à une organisation affaiblie, dont l’expansion repose avant tout sur une redistribution interne plutôt que sur de nouveaux recrutements.

La police du Groenland a signalé une présence accrue d’individus liés aux gangs de motards criminels danois, comme les Hells Angels et les Comanches, ainsi qu’au réseau interdit Loyal To FAmilia (LTF). Leur objectif serait d’y développer le trafic de stupéfiants, le marché de l’île étant caractérisé par des prix beaucoup plus élevés qu’au Danemark, jusqu’à dix fois supérieurs selon la police. Les transports de drogue vers le Groenland s’effectuent principalement par des canaux de fret commerciaux, comme les cargos et les avions-cargos.

– Norvège :
Les Bandidos en Norvège sont en croissance et semblent actuellement orientés positivement. Les clubs de soutien Inmortales MC se développent également et montrent une tendance à la hausse qui n’est pas visible en Suède en ce qui concerne Inmortales.

– Finlande :
Le chef de gang suédois Ismail « Jordgubben » Abdo est dans le viseur de la police finlandaise, soupçonné de deux faits de trafic aggravé de stupéfiants liés à des événements survenus à Helsinki au printemps 2024. Abdo, qui dirige l’organisation criminelle « Rumba », est soupçonné par la police finlandaise d’avoir piloté d’importantes activités de trafic de drogue en Finlande avec l’aide de réseaux suédois. La police soupçonne également Abdo d’avoir ordonné un attentat à l’explosif contre un local des Bandidos à Tampere, comme acte de démonstration dans la lutte pour le contrôle du marché des stupéfiants.

Le Comanches MC souhaiterait s’implanter en Finlande. Il s’agirait d’un petit club de motards susceptible de devenir la première section finlandaise des Comanches.
À l’heure actuelle, les Comanches sont présents au Danemark, en Suède, en Norvège, en Espagne, en Serbie, aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche, au Monténégro, au Maroc, en Thaïlande, au Vietnam ainsi qu’aux États-Unis.

– Allemagne :
Après l’interdiction de la Bandidos MC Federation West Central en Allemagne en 2021, plusieurs nouveaux groupes sont apparus en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Malgré les mesures judiciaires, l’évolution montre que l’idéologie et les réseaux de l’organisation subsistent. Plusieurs anciens membres ont rejoint les Hells Angels, ce qui suggère un regroupement stratégique plutôt qu’une disparition. Cela illustre la manière dont les clubs de motards tendent à s’adapter plutôt qu’à cesser d’exister lorsqu’ils sont interdits. Ils changent de nom, de symboles et de structures formelles, mais conservent leurs réseaux sociaux et économiques.

Pour les autorités, cela signifie que les interdictions d’association n’ont qu’un effet limité à long terme si elles ne sont pas accompagnées d’une surveillance continue et d’un travail de renseignement. Le phénomène a une portée européenne : des schémas comparables sont observés au Danemark, aux Pays-Bas et en Finlande, où les interdictions visant les gangs de motards ont entraîné des modifications organisationnelles temporaires, sans faire disparaître le milieu.

– Pays-Bas :
En novembre 2025, le tribunal de Noord-Holland a rendu un jugement contre sept personnes condamnées à des travaux d’intérêt général et à des peines de prison avec sursis pour avoir porté publiquement des gilets comportant des symboles liés à des clubs de motards interdits. Selon le tribunal, cet acte constituait une forme de poursuite d’activité des clubs interdits Satudarah, Saudarah et Bandidos MC Holland, dissous à la suite de décisions judiciaires en 2020. Les condamnés avaient, entre 2022 et 2024, participé à des sorties collectives en portant des gilets arborant logos, couleurs et inscriptions fortement similaires aux anciens signes distinctifs des clubs. Le tribunal a estimé que cet usage de symboles favorisait la survie des organisations interdites et visait à maintenir leur structure et leur statut dans l’espace public.
Ce jugement s’inscrit dans une stratégie judiciaire et policière plus large aux Pays-Bas visant à empêcher la reconstitution de clubs de motards criminels sous de nouvelles appellations ou par l’utilisation de symboles associés à des organisations interdites. Depuis 2017, plusieurs clubs, dont Hells Angels, Satudarah et Bandidos, ont été interdits en raison de leur caractère organisé et violent ainsi que de leurs liens avec le trafic de stupéfiants et l’extorsion.

Ce jugement marque une évolution dans l’application du droit néerlandais vers une approche plus large, dans laquelle même les expressions symboliques et culturelles peuvent être pénalisées lorsqu’elles sont considérées comme favorisant une activité interdite.

– Argentine :
À l’occasion du World Run (rassemblement international) des Hells Angels en Argentine à la mi-octobre 2025, plusieurs incidents violents ont été signalés à La Plata entre des membres des Hells Angels et des clubs locaux. Des coups de feu auraient été tirés au moins à une occasion.

Et pour 2026 ?

L’entrée dans l’année 2026 doit être analysée à travers deux dynamiques parallèles : une stabilité persistante au cœur de la scène des clubs et une capacité d’adaptation croissante en périphérie. La stabilité du noyau repose sur des structures internes solides et sur le maintien des clubs dominants comme centres de gravité en matière de statut, de loyauté et de discipline organisationnelle.
Parallèlement, les expériences suédoises et européennes montrent que la pression judiciaire et politique ne fait généralement pas disparaître les clubs de motards, mais les transforme. Le résultat est souvent une moindre visibilité et des formes organisationnelles plus souples autour des structures formelles.

Il est donc probable que l’année 2026 soit marquée par une fragmentation accrue, y compris en Suède. Si certains clubs ou chapitres sont affaiblis par des mesures judiciaires, des saisies financières ou des conflits locaux, une partie de leurs membres pourrait se reporter vers des groupes de soutien, de nouvelles structures ou des configurations informelles. Ces structures sont généralement plus flexibles, plus orientées vers des projets ponctuels et plus difficiles à détecter. L’activité criminelle peut ainsi se poursuivre malgré une diminution de la visibilité des clubs.

La dimension nordique reste centrale, mais son influence sur la Suède devrait être plus indirecte. Lorsqu’un acteur dominant est fragilisé dans un pays voisin, les incitations aux transferts transfrontaliers de ressources et de contacts augmentent. Toutefois, les autorités suédoises ont renforcé leur action contre les membres étrangers, notamment via une utilisation plus offensive du droit des étrangers. Cela limite l’implantation physique, mais peut conduire à d’autres formes d’influence : séjours plus courts et discrets, recours accru à des relais locaux et utilisation de canaux informels ou numériques.

Dans ce contexte, trois évolutions doivent être surveillées au cours des prochains mois. Premièrement, une possible baisse de visibilité accompagnée d’une plus grande mobilité organisationnelle, avec un rôle accru des structures de soutien ou de configurations indépendantes dans la criminalité concrète. Deuxièmement, l’apparition de nouvelles alliances ou tensions liées aux recompositions internationales, en particulier dans les zones où les clubs de motards croisent des réseaux de rue déjà implantés. Troisièmement, le développement de stratégies plus opportunistes et orientées vers le profit par des organisations fragilisées comme les Comanches, avec un risque accru de conflits locaux, de scissions et de recours à des exécutants externes.

Au total, l’évolution la plus probable pour 2026 n’est pas un bouleversement rapide des rapports de force, mais une transformation progressive des modes d’organisation de la criminalité liée aux clubs de motards : moins visible, plus en réseau et davantage intégrée à d’autres milieux criminels. Pour l’analyse et l’anticipation, cela implique de porter une attention particulière aux dynamiques périphériques, aux connexions transnationales et aux signes de recomposition organisationnelle, plutôt qu’aux seules structures formelles des clubs.

Voir le rapport ici
ou https://actapublica.se/nyheter/nulagesrapport-enprocentsmiljon-kvartal-4-2025/

NDLR : Le réseau Foxtrot est l’un des principaux réseaux suédois de trafic de stupéfiants. Il est dirigé par Rawa Majid, 39 ans, Irakien d’origine kurde, surnommé « le Renard kurde ». Arrivé enfant en Suède avec sa famille, il s’est imposé dans le milieu criminel à travers le trafic de drogue et une série de règlements de comptes meurtriers. Recherché depuis 2020, il quitte la Suède en 2018 pour la Turquie, dont il obtient la nationalité, avant de se réfugier en Iran. Il y aurait été arrêté par les services secrets iraniens, qui lui auraient proposé un marché : la liberté en échange de la mise de son réseau au service du régime pour des opérations contre des cibles israéliennes et américaines en Europe. Foxtrot est en guerre ouverte avec le réseau rival Rumba et entretient une relation conflictuelle avec les Bandidos.

L’implantation des clubs de motards criminalisés en Suède

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