Le rapport 2026 au Parlement italien sur le phénomène des dépendances

Gouvernement italien | Juin 2026

Le gouvernement italien publie chaque année un rapport au Parlement qui dresse un état des lieux complet du phénomène des dépendances dans le pays. L’édition 2026, qui porte sur les données de l’année 2025, marque une évolution significative dans son intitulé même : le document ne s’appelle plus rapport sur les toxicodépendances, mais rapport sur les dépendances en Italie, dans toutes leurs formes, qu’elles soient liées aux substances psychoactives ou aux comportements. Ce changement accompagne celui du nom de la structure de la Présidence du Conseil chargée de ce dossier, désormais appelée « Département des politiques contre la drogue et les autres dépendances ». Il traduit une volonté de lire le phénomène de manière transversale plutôt que sectorielle, en tenant compte des connexions entre dépendances aux substances et dépendances comportementales, notamment chez les plus jeunes, où l’usage problématique des technologies numériques, le jeu d’argent, l’isolement social ou le cyberharcèlement se combinent fréquemment aux consommations de stupéfiants.

L’offre et le marché des substances stupéfiantes

En 2025, les forces de police italiennes ont mené 20.692 opérations antidrogue à caractère pénal, un nombre en légère baisse de 3 % par rapport à 2024, mais qui reste très supérieur au niveau de 2015, année où environ 19.300 opérations avaient été enregistrées. Ces opérations ont permis la saisie de plus de 55 tonnes de substances stupéfiantes au total, soit 5 % de moins que l’année précédente, ainsi que 206.589 plants de cannabis (en hausse de 38 % par rapport aux près de 150.000 plants saisis en 2024) et 271.780 comprimés ou doses (un volume qui a plus que doublé sur un an, après 125 519 unités en 2024. Le cannabis reste la substance la plus saisie en volume, avec environ 40 tonnes représentant 72 % du total, partagées à parts presque égales entre résine et herbe ; viennent ensuite la cocaïne et le crack, avec 25 % des quantités saisies, tandis que l’héroïne et les autres opiacés ne représentent qu’une part marginale de 0,7 %, et les drogues de synthèse à peine 0,2 %. Rapportée à la population résidente de 15 à 74 ans, la quantité moyenne saisie en Italie s’élève à 125 kilos pour 100.000 habitants, mais ce chiffre masque d’immenses écarts territoriaux : la Calabre et la Sardaigne, en raison de la présence de grands ports et aéroports sur leur territoire, affichent des niveaux nettement supérieurs, atteignant respectivement environ 470 et 505 kilos pour 100.000 résidents.

Saisies en kilos et variation par rapport à 2024

Sur le plan géographique, près de la moitié des quantités saisies provient du Sud et des îles, en particulier de Campanie, de Calabre et de Sardaigne, qui concentrent ensemble environ 27 % des saisies pour le Sud et 17 % pour les îles, contre 33 % dans le Nord, surtout en Lombardie, et 23 % dans le Centre, notamment dans le Latium, le reste, environ 1 %, ayant été intercepté en eaux internationales. Les zones douanières et frontalières jouent un rôle déterminant dans le dispositif de contrôle : en 2025, environ 12,5 tonnes de stupéfiants ont été interceptées dans ces zones, soit 23 % du total national, un chiffre en recul par rapport aux 32 % de 2024, mais qui a concentré près de 80 % de toutes les substances saisies en Italie sous forme de comprimés ou de doses. La grande majorité des saisies douanières, environ 74 %, a eu lieu dans les ports, suivie des zones aéroportuaires, à hauteur de 23 %, et des frontières terrestres ou intérieures, pour la part résiduelle de 3 %. À ces volumes s’ajoutent environ 673 kilos de résine de cannabis interceptés en eaux internationales au large de Trapani (Sicile).

La cocaïne, substance en expansion continue

La cocaïne confirme sa progression continue et constitue désormais la priorité opérationnelle des forces de l’ordre italiennes : les opérations qui lui sont consacrées ont représenté 49 % du total des opérations antidrogue en 2025, avec 10.161 interventions, contre seulement 27 % en 2015 et 45 % en 2024. Les saisies ont atteint 14 tonnes, soit 26 % du total des substances stupéfiantes saisies en Italie, contre 19 % en 2024, un niveau qui se rapproche des pics observés en 2022, lorsque la cocaïne représentait jusqu’à 34 % des quantités totales saisies dans le pays. Rapportée à la population, la quantité saisie s’élève à près de 32 kilos pour 100.000 résidents de 15 à 74 ans à l’échelle nationale, un chiffre qui grimpe fortement dans certaines régions : 68 kilos pour 100.000 habitants en Ligurie, 100 en Toscane et jusqu’à 318 en Calabre.

Les zones frontalières demeurent la voie d’entrée privilégiée de la cocaïne sur le territoire italien : environ 7,5 tonnes, soit 54 % du total national, y ont été interceptées en 2025, une part en légère baisse par rapport aux niveaux historiques qui oscillaient autrefois entre 70 % et 85 %. Le trafic maritime se confirme comme le principal mode d’entrée, puisque 94 % de la cocaïne saisie en frontière a été interceptée dans les ports, notamment à Livourne, où une maxi-saisie d’environ 2 tonnes a été réalisée au cours de l’année, et à Gioia Tauro, avec environ 3 tonnes saisies. Sur le plan territorial, 37 % des opérations de lutte se sont concentrées dans les régions du Nord, en particulier en Lombardie, où 16 % des opérations ont permis la saisie d’environ 3,1 tonnes de cocaïne, soit 22 % du total national. Le Centre, qui a concentré 33 % des opérations, notamment en Toscane et dans le Latium, a vu saisir environ 4,2 tonnes, soit 30 % du total, tandis que le Sud et les îles, avec 30 % des opérations, ont conduit aux saisies les plus volumineuses en valeur absolue, environ 6,7 tonnes, soit 48 % du total national, principalement en Calabre, avec 4,4 tonnes, et en Campanie, avec 1,2 tonne.

La qualité de la cocaïne en circulation s’est par ailleurs nettement renforcée au fil des années. Les analyses des laboratoires de la police scientifique montrent que la pureté moyenne de la cocaïne en poudre s’est stabilisée à des niveaux élevés depuis 2017, autour de 67 à 70 %, avant d’atteindre environ 73 % en 2025. Les laboratoires des Carabiniers confirment cette tendance avec des valeurs en progression constante, passées de 68 % en 2021 à 75 % en 2025. Le crack, quant à lui, affiche des niveaux de pureté encore plus élevés, généralement compris entre 80 et 85 %, certains échantillons atteignant des concentrations proches de 100 %, révélant la présence sur le marché de détail de produits quasiment purs. Sur le plan pénal, les dénonciations pour trafic, détention et association de malfaiteurs liées à la cocaïne et au crack ont presque doublé par rapport à l’année 2000, passant d’environ 8 500 à plus de 14.700 cas en 2025, avec une part de 2 % concernant des mineurs, ces derniers étant eux aussi de plus en plus impliqués : 318 mineurs ont été dénoncés pour des faits liés à la cocaïne en 2025, soit près d’un tiers du total des mineurs dénoncés pour des infractions liées à la drogue.

Héroïne et autres opiacés : un trafic en net recul

À l’inverse de la cocaïne, le trafic d’héroïne et des autres opiacés poursuit un recul engagé depuis 2019, qui s’est encore accentué au cours du dernier triennat. En 2025, les opérations de police consacrées à la lutte contre ce trafic ont été au nombre de 708, soit seulement 3,4 % du total des activités antidrogue, contre des proportions bien plus élevées par le passé. Les saisies se sont élevées à environ 390 kilos, ce qui représente à peine 0,7 % des 55 tonnes de substances stupéfiantes interceptées au total sur le territoire national, bien que ce chiffre marque une légère remontée par rapport aux 0,3 % de 2023 et aux 0,6 % de 2024. Rapportée à la population, la quantité saisie s’établit à moins d’un kilo pour 100.000 résidents à l’échelle nationale, avec des écarts marqués : près de 5 kilos pour 100.000 habitants dans la province de Bolzano, et jusqu’à 12 kilos en Ligurie.

Les zones douanières ont joué un rôle notable dans l’interception de cette substance en 2025 : 151 kilos y ont été saisis, soit 39 % de l’héroïne et des autres opiacés interceptés à l’échelle nationale, une part en nette progression par rapport aux 15 % de 2023 et aux 7,4 % de 2024. La plus grande partie de ces interceptions a eu lieu dans les zones portuaires, avec 134 kilos bloqués, soit 89 % de l’héroïne intercepté en frontière, principalement dans le port de Gênes, les 17 kilos restants ayant été saisis dans les zones aéroportuaires. Sur le plan pénal, les poursuites pour trafic, détention illicite et association liée au trafic d’héroïne et d’opiacés, qui s’établissaient autour de 20 % du total des infractions liées aux stupéfiants au début des années 2000, ne représentaient plus que 4 % environ en 2025.

Cannabis : un marché en pleine diversification

Le marché du cannabis demeure le premier en volume, mais il connaît une transformation qualitative profonde. En 2025, les forces de police ont conduit 8.804 opérations contre le marché du cannabis et de ses dérivés, soit 43 % du total des activités antidrogue menées en Italie, un poids en léger recul par rapport aux 47 % de 2024, principalement du fait de la baisse des opérations liées à la résine de cannabis. Ces opérations ont permis de saisir près de 40 tonnes de produits cannabiques, représentant 72 % des substances interceptées sur le territoire national. La résine a, à elle seule, fait l’objet de 6.059 opérations, soit 29 % du total national, pour environ 19,5 tonnes saisies, en hausse de 11 % sur un an, tandis que l’herbe de cannabis, avec 2.319 opérations, soit 11 % du total, a connu une baisse de 29 % des quantités saisies, à environ 20,5 tonnes.

Les zones de production se concentrent fortement dans le Sud et les îles : les opérations contre les cultures de plants de cannabis, au nombre de 426 en 2025, soit seulement 2,1 % du total national, ont permis de saisir 206.589 plants, en hausse de 38 % par rapport aux quelque 150.000 plants de 2024. La Calabre, la Sicile et la Sardaigne, dont les conditions climatiques favorisent la culture en extérieur, ont concentré 21 % des opérations mais 86 % des plants saisis à l’échelle nationale, la seule Sardaigne représentant près de 59 % du total avec environ 121.678 plants, pour seulement 14 % des opérations menées dans le pays. Rapportée à la population, la moyenne nationale s’élève à 466 plants saisis pour 100.000 résidents, un chiffre porté par les niveaux extrêmes enregistrés en Calabre, avec environ 3.170 plants pour 100.000 habitants, et surtout en Sardaigne, où ce taux atteint 10.364 plants pour 100.000 habitants.

Sur le plan qualitatif, la concentration moyenne de THC continue d’augmenter dans tous les types de produits cannabiques. Dans l’herbe de cannabis, les données de la police scientifique montrent une progression graduelle de la puissance moyenne, passée d’environ 10 à 11 % à près de 16 % en 2025, tandis que celles des Carabiniers indiquent une relative stabilité autour de 12 à 13 % sur la période 2021-2025. Pour la résine de cannabis, la concentration moyenne de THC se situe désormais entre 31 % et 34 %, contre des niveaux nettement plus bas il y a une dizaine d’années, et l’on observe une diffusion croissante de nouveaux produits à très haute puissance, sous forme de cires, gelées, huiles ou liquides pour cigarettes électroniques, avec des concentrations de THC pouvant dépasser 80 à 90 %. À l’inverse, le marché voit également apparaître des produits à très faible teneur en THC, inférieure à 1 %, qui peuvent dans certains cas être adultérés par l’ajout de cannabinoïdes de synthèse ou d’autres nouvelles substances psychoactives.

Drogues de synthèse et nouvelles substances psychoactives

Les opérations de lutte contre le trafic de drogues de synthèse ont été au nombre de 370 en 2025, soit seulement 1,8 % du total des actions antidrogue menées en Italie. Ces interventions ont permis la saisie de 21.372 comprimés ou doses et de 117 kilos de substances en poudre, un bilan qui marque une réduction sensible du nombre de doses interceptées par rapport aux 101.727 doses et 84 kilos de 2024, alors même que les quantités en poudre ont augmenté. Sur le plan territorial, les saisies sous forme de doses se sont concentrées principalement en Sardaigne, avec 59 % du total, et en Calabre, avec 21 %, tandis que les quantités en poudre ont été majoritairement interceptées en Lombardie, avec 61 %, et dans le Latium, avec 11 %. Les zones douanières ont, à l’inverse de l’année précédente, joué un rôle plus limité pour cette catégorie de substances, avec seulement environ 4 kilos et 43 doses interceptés, exclusivement dans les aéroports.

Le système national d’alerte rapide pour les drogues, dénommé « NEWS-D », a identifié 92 nouvelles substances psychoactives circulant en Italie en 2025, dont 50 identifiées pour la première fois en Europe par l’agence européenne EUDA. Ces substances appartiennent principalement aux familles des cannabinoïdes de synthèse, qui en représentent environ 30 à 38 % selon les sources, des cathinones de synthèse, autour de 14 à 17 %, des arylcyclohexylamines, à hauteur de 8 à 10 %, des phénéthylamines, autour de 6 à 9 %, et des opioïdes de synthèse, dont les nitazènes, qui représentent environ 9 à 11 % et font l’objet d’une surveillance renforcée du fait des risques sanitaires associés à leur diffusion sur le marché illicite. Quarante nouvelles substances ont par ailleurs été inscrites dans les tableaux ministériels au cours de l’année, dont un quart appartenant à la classe des cannabinoïdes de synthèse, un quart à celle des opioïdes nitazéniques et un cinquième à celle des cathinones de synthèse. Cette surveillance s’inscrit dans le cadre du plan national de prévention contre l’usage impropre du fentanyl et des autres opioïdes de synthèse, activé en mars 2024, qui a permis en 2025 la diffusion auprès du réseau national de 17 documents d’information consacrés à l’identification de ces substances sur le territoire italien.

Enfin, les autres substances stupéfiantes ont fait l’objet de 649 opérations en 2025, soit 3,1 % du total national, conduisant à la saisie de 1.090 kilogrammes de substances en poudre et de 250.408 comprimés ou doses, pour l’essentiel des benzodiazépines. Une part importante de ces quantités a été interceptée dans les zones frontalières, presque exclusivement dans les aéroports, en particulier ceux de Malpensa et de Linate, qui ont concentré 89 % des doses et 72 % des substances en poudre saisies à l’échelle nationale, confirmant le rôle stratégique de ces points d’entrée pour ce type de trafic.

Les consommations et les tendances, en particulier chez les jeunes

L’étude « ESPAD Italia 2025 », menée par le Conseil national de la recherche, dresse un tableau préoccupant de l’évolution des consommations chez les lycéens âgés de 15 à 19 ans. Plus de 950.000 élèves, soit 39 % de la population scolaire de cette tranche d’âge, déclarent avoir consommé au moins une substance psychoactive illégale au cours de leur vie, et 640.000, soit 26 %, l’ont fait au cours de la dernière année. Après la baisse observée entre 2022 et 2024, la tendance est de nouveau à la hausse, principalement en raison d’une diffusion accrue des stimulants, de la cocaïne, des nouvelles substances psychoactives et des opiacés ou opioïdes. Le cannabis demeure la substance la plus répandue, avec environ 600.000 élèves déclarant en avoir fait usage au moins une fois dans leur vie, soit 24 %, bien que sa consommation dans l’année soit en léger recul, passant de 21 % en 2024 à 18 % en 2025.

La cocaïne enregistre en revanche une hausse chez les plus jeunes : 1,9 % des élèves, environ 46.000 jeunes, en ont consommé dans l’année, un chiffre stable par rapport à 2024, mais la part de ceux qui en font un usage habituel, au moins dix fois par mois, a plus que doublé, passant de 0,4 % à 0,9 %. Les stimulants comme les amphétamines, l’ecstasy ou le GHB concernent 2,7 % des élèves dans l’année, tandis que les nouvelles substances psychoactives, en particulier les cannabinoïdes de synthèse, les opioïdes de synthèse et la kétamine, ont touché 5,7 % des élèves au cours de la dernière année. Le poly-usage, défini comme la consommation de plus d’une substance illégale dans l’année, concerne 6,9 % des élèves, soit près de 170.000 jeunes, et s’accompagne plus fréquemment de comportements à risque tels que la violence, le vandalisme ou la consommation excessive d’alcool.

Au-delà des substances illégales, le rapport documente l’ampleur des fragilités comportementales chez les mineurs. Près de 230.000 élèves mineurs présentent un usage problématique d’Internet caractérisé par des difficultés à contrôler le temps passé en ligne, 47 % déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement et 32 % avoir eux-mêmes adopté des comportements agressifs en ligne. Plus de 260.000 élèves mineurs, soit 17 %, présentent un profil de jeu vidéo à risque, et le jeu d’argent chez les mineurs continue de progresser : 64 % des élèves de moins de 18 ans déclarent avoir joué au moins une fois dans leur vie et 59 % l’ont fait au cours de la dernière année, avec une part croissante de profils de jeu à risque ou problématique, touchant respectivement 7,7 % et 6 % de la population scolaire mineure. Le rapport relève par ailleurs le phénomène dit hikikomori, l’isolement social prolongé, qui concerne plus de 26.000 élèves mineurs ayant connu un retrait social de plus de six mois. À l’inverse, des relations familiales fondées sur le dialogue, la confiance et une présence éducative attentive des parents sont identifiées comme des facteurs protecteurs associés à des niveaux de consommation plus faibles, en particulier vis-à-vis du poly-usage.

Les études complémentaires confirment ces constats par d’autres voies méthodologiques. L’analyse des eaux usées urbaines confirme le cannabis et la cocaïne comme les substances illégales les plus consommées en Italie, avec une estimation moyenne de 11 doses de cocaïne par jour pour 1 000 habitants. Les analyses des particules atmosphériques PM10 réalisées dans plusieurs villes italiennes ont également mis en évidence une présence diffuse de cocaïne et de THC dans l’air urbain, particulièrement marquée en fin de semaine.

Les implications sanitaires : les décès

S’agissant des décès, le rapport distingue plusieurs sources de données qui se complètent. Les décès par intoxication aiguë recensés par les forces de police sur la base d’indices ont été au nombre de 249 en 2025, un niveau stable par rapport aux trois années précédentes, après une longue tendance de baisse depuis les années 2000. La cocaïne est désormais la substance la plus fréquemment impliquée dans ces décès, présente dans 33 % des cas, devançant pour la première fois l’héroïne, impliquée dans 30 % des cas, alors que cette dernière représentait encore 74 % des décès en 2010. L’âge moyen des personnes décédées a quant à lui fortement augmenté, passant de 36 ans en 2010 à 43 ans en 2025, témoignant d’un vieillissement marqué de la population la plus exposée à ce risque.

Les analyses toxicologiques menées dans le cadre des enquêtes médico-légales, qui portent sur un périmètre plus large incluant les décès par accident, suicide ou autre cause violente où une substance a été détectée, ont identifié 412 décès liés à la drogue en 2025 sur cette base élargie, l’alcool étant la substance la plus fréquemment retrouvée, suivi de la cocaïne, des benzodiazépines et des médicaments psychotropes. Enfin, selon le registre général de mortalité de l’Institut national de statistique, qui retient une définition encore différente fondée sur les causes de décès certifiées, 870 décès ont été directement attribués à l’usage de substances stupéfiantes en 2023, dernière année disponible pour cette source, un chiffre stable par rapport aux 877 cas de 2022. Le rapport souligne que ces trois sources, bien que non directement comparables en raison de leurs méthodologies différentes, convergent toutes vers un même constat : un vieillissement net de la population touchée par la mortalité liée à la drogue, l’âge médian étant désormais proche de 45 ans, et un poids croissant de la cocaïne aux côtés de l’héroïne historique.

Les infractions et la délinquance liées à la drogue

Sur le plan routier, les statistiques de l’Institut national de statistique font état de 225.721 accidents avec blessés en 2024, en légère hausse de 2,8 % par rapport à 2023. La part des accidents attribués à la conduite sous l’effet de stupéfiants a progressé sur le long terme, passant de 0,1 accident sur 100 en 2001 à 1 % en 2024, tandis que celle liée à l’alcool est passée de 1,2 à 3,6 sur la même période, l’une et l’autre ayant toutefois légèrement reculé par rapport à 2023. Les forces de l’ordre ont relevé en 2024 environ 4.449 infractions pour conduite sous l’effet de stupéfiants et 36.800 pour conduite en état d’ivresse, ces deux types de violations représentant ensemble 0,5 % du total des infractions au code de la route. Les analyses toxicologiques réalisées sur les personnes admises aux urgences à la suite d’accidents ou de contrôles routiers confirment la prédominance de l’alcool, présent dans 17 % des cas, suivi des cannabinoïdes à 6,8 % et de la cocaïne à 5,4 %, ces deux dernières substances étant en hausse par rapport à 2024.

Sur le plan pénal, les affaires relatives au trafic, à la production et à la détention illicite de stupéfiants ainsi qu’à l’association de malfaiteurs à des fins de trafic, ont été au nombre de 26.423 en 2025, en baisse de 5,9 % par rapport à 2024. Dans la grande majorité des cas, 91 %, il s’agit de faits relevant du trafic, de la production ou de la détention illicite, tandis que 9 % concernent l’association de malfaiteurs. Plus de la moitié de ces dossiers concernent la cocaïne et le crack, soit 56 % du total, suivies par le cannabis et ses dérivés, qui représentent environ un tiers des cas. La population carcérale comptait, à la fin de 2025, 21.562 détenus pour des infractions relevant de ces faits, soit 34 % de l’ensemble de la population carcérale, une proportion restée stable par rapport à l’année précédente.

Le rapport relève enfin que la cocaïne et le crack occupent une place de plus en plus centrale dans l’ensemble du système répressif, qu’il s’agisse des accusations, des condamnations définitives ou de la population carcérale, ce qui confirme l’affirmation de la cocaïne comme substance désormais la plus problématique en Italie, aux côtés du cannabis dont la présence reste massive mais relativement stable, et devant une héroïne dont le poids relatif continue de s’éroder d’année en année.

Voir le rapport ici
ou https://www.governo.it/sites/governo.it/files/relazione-al-parlamento-2026.pdf

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