Étude sur les cultures de coca en Bolivie en 2025
ONUDC | Septembre 2026
Les superficies consacrées à la culture de la coca ont poursuivi leur progression en Bolivie en 2025. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) estime à 36.400 hectares la superficie cultivée, contre 34.000 hectares en 2024, soit une augmentation de 7 % en un an. Cette progression prolonge une tendance déjà observée les années précédentes : les surfaces étaient estimées à 31.000 hectares en 2023, puis avaient augmenté de 10 % en 2024 avant de progresser à nouveau en 2025.
La dynamique est géographiquement très contrastée. Dans les Yungas de La Paz, première région historique de production, les cultures diminuent de 4 %, passant de 19.230 hectares en 2024 à 18.430 hectares en 2025. En revanche, la région du Chapare connaît une progression spectaculaire : les superficies passent de 14.275 à 17.471 hectares, soit une hausse de 22 % en une seule année.
La production potentielle de feuilles de coca séchées au soleil est estimée à 79.810 tonnes en 2025, contre 72.887 tonnes en 2024, soit une progression d’environ 9 %.
Le rapport calcule également différents scénarios théoriques de transformation de cette production en cocaïne. Dans l’hypothèse maximale où la totalité des 79.810 tonnes de feuilles produites en Bolivie était utilisée pour fabriquer illicitement de la cocaïne, le potentiel atteindrait 427 tonnes de cocaïne, contre 394 tonnes dans le même scénario en 2024, soit une progression de 8 %. Il ne s’agit donc absolument pas d’une estimation de la quantité de cocaïne effectivement produite en Bolivie en 2025, mais d’un potentiel théorique maximal.
Deux autres calculs permettent d’affiner ce potentiel. Lorsque l’on retranche les 22.000 hectares correspondant aux zones de production autorisées, le potentiel théorique est ramené à environ 176 tonnes de cocaïne. Avec une autre méthode consistant à déduire de la production potentielle de feuilles la quantité effectivement commercialisée dans les marchés légaux, le potentiel correspondant à la feuille restante atteint environ 285 tonnes. Ces trois chiffres (427, 176 et 285 tonnes) correspondent donc à trois scénarios de calcul différents et non à trois estimations de la production réelle.
Un autre indicateur connaît une progression exceptionnelle : le prix de la feuille de coca. Le prix moyen pondéré national atteint environ 17,1 dollars le kilo, contre 9,6 dollars en 2024, soit une hausse de 78 %. Sur le marché autorisé de La Paz, le kilo atteint environ 17,8 dollars, soit une augmentation de 82 %, tandis qu’à Cochabamba il atteint environ 12,1 dollars, en hausse de 68 %.
Cette flambée des prix entraîne mécaniquement une forte augmentation de la valeur théorique de la production. Sur la base des volumes potentiels et des prix observés sur les marchés autorisés, l’UNODC estime la valeur de la production bolivienne de feuilles de coca à 1,161 milliard de dollars en 2025, contre 618 millions en 2024, soit une progression de 88 %. Cette estimation représente environ 2,5 % du PIB bolivien et 17,2 % du PIB du secteur agricole. Là encore, il s’agit d’une estimation économique de la valeur de la production de feuilles et non du chiffre d’affaires du narcotrafic.
Le rapport met parallèlement en évidence un effondrement des opérations de rationalisation et d’éradication. L’État bolivien rapporte seulement 2.732 hectares rationalisés ou éradiqués en 2025, contre 10.001 hectares en 2024, soit une diminution de 73 %. Il s’agit du deuxième niveau le plus faible enregistré au cours des dix dernières années, derrière 2020, année de la pandémie de Covid-19, durant laquelle 2.177 hectares avaient été concernés.
Les cultures progressent également à l’intérieur des aires protégées nationales. L’UNODC y a identifié 605 hectares de coca en 2025, soit une augmentation de 13 %. Ces cultures sont situées dans des zones où la production n’est pas autorisée. Les hausses concernent notamment le Territoire indigène et parc national Isiboro Sécure (TIPNIS), El Chore, le parc national et aire naturelle de gestion intégrée Madidi ainsi que le parc national Carrasco.
Voir le rapport ici
ou https://www.unodc.org/documents/crop-monitoring/Bolivia/2025_Bolivia_Coca_Survey_Report_web.pdf
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