La légalisation du cannabis augmente sa consommation chez les adultes
The Milbank Quaterly - États-Unis | Septembre 2026Une vaste revue systématique conduite notamment par des chercheurs de l’Université McGill de Montréal a analysé 176 études réalisées sur près de trente ans afin d’évaluer les conséquences des différentes politiques de légalisation du cannabis. Les travaux étudiés concernent principalement les États-Unis et le Canada, mais également l’Europe, l’Uruguay et l’Australie. Les chercheurs ont distingué, autant que possible, la légalisation du cannabis médical de celle du cannabis récréatif et se sont intéressés non seulement à l’évolution de la consommation de cannabis, mais également à ses éventuelles répercussions sur l’alcool, le tabac, les opioïdes et d’autres substances.
L’un des résultats les plus constants concerne les adultes : la légalisation médicale comme la légalisation récréative sont associées à une augmentation de la proportion de consommateurs de cannabis. Cette évolution est particulièrement visible lorsque l’accès au produit devient plus facile. Les résultats concernant les adolescents sont en revanche beaucoup moins nets et ne permettent pas de conclure à une augmentation générale de leur consommation après légalisation. Les effets varient selon les territoires, les groupes d’âge et les modalités de réglementation mises en place.
Les chercheurs relèvent parallèlement des conséquences sanitaires. Après la légalisation, plusieurs études observent une augmentation des consultations aux urgences et des appels aux centres antipoison en rapport avec le cannabis. Cette évolution accompagne notamment une plus grande disponibilité des produits et la diversification de leurs formes de consommation. Les auteurs considèrent donc que l’augmentation de l’accès au cannabis n’est pas sans conséquences pour les systèmes de santé, même si l’ampleur de celles-ci varie considérablement selon les juridictions étudiées.
L’étude s’intéresse aussi à l’hypothèse selon laquelle le cannabis pourrait se substituer à d’autres substances. Les résultats sont beaucoup plus contradictoires. La légalisation médicale est parfois associée à une diminution de la consommation d’alcool, tandis que la légalisation récréative est associée dans certaines études, particulièrement chez les jeunes adultes, à davantage de consommation d’alcool et de binge drinking. Pour le tabac, la consommation reste généralement stable ou diminue.
Les résultats concernant les opioïdes sont également intéressants. La majorité des études ne constate pas d’augmentation de leur consommation après légalisation du cannabis et certaines observent au contraire une diminution des prescriptions, des ventes d’opioïdes ou des recours aux soins qui leur sont associés. Les chercheurs appellent cependant à la prudence avant d’en déduire un lien de causalité direct entre légalisation du cannabis et diminution des dommages provoqués par les opioïdes.
Enfin, les auteurs soulignent une lacune importante : les conséquences de la légalisation sur la consommation des autres drogues illicites restent beaucoup moins étudiées. Malgré plusieurs décennies d’expériences de légalisation, les données restent donc insuffisantes pour déterminer avec certitude si l’ouverture d’un marché légal du cannabis modifie durablement la consommation d’autres stupéfiants.
Cette synthèse ne permet ainsi pas de présenter la légalisation comme ayant des conséquences uniformément positives ou négatives. Elle fait néanmoins apparaître deux phénomènes assez solides : une augmentation de la consommation de cannabis chez les adultes et une augmentation de certains incidents sanitaires directement liés au produit, tandis que les effets sur les adolescents et les autres substances apparaissent beaucoup plus variables.
Voir l’étude ici
ou https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-0009.70108
| Désolé, cette page est seulement accessible aux abonnés de crimorg.com! |
|---|

